Vestiges archéologiques d'une société biodégradable

Une des sources précieuses pour l'histoire antique, c'est tout ce qu'on classe dans l'épigraphie, autrement dit les écritures sur matériaux durs (tout sauf du papier en gros !). A travers des inscriptions, on peut recomposer des pans entiers dans certains domaines comme la politique ou les pratiques funéraires. Cette source est l'une des plus fiables et n'a que très peu subi d'altérations. C'est assez dingue de penser que les graffitis ensevelis sous les cendres à Pompéi ont pu traverser 20 siècles pour nous en apprendre plus sur les élections à Rome.

En extrapolant un peu (et en appuyant le trait, évidemment !), on peut imaginer les conclusions quand, dans deux mille ans, les historiens vont fouiller dans nos traces.

Ils pourront conclure qu'au XXIème siècle, la société a connu de grandes modifications culturelles : les pratiques littéraires ont évolué vers des oeuvres moins fouillées comme des biographies sur des stars de la télé, la langue tant orale qu'écrite s'est déteriorée pour devenir plus simple et moins spécifique, la culture en générale s'est très largement polarisée sur des points précis, points qui connaissent un développement économique plus important. Quant aux données archéologiques, elles demeurent inexistantes à côté de celles des autres périodes, ce phénomène est très probablement du à une théorie de développement durable où les produits sont appelés à se fondre dans le milieu naturel. Mis à part les restes architecturaux, on ne trouve aucune trace des pratiques quotidiennes comme des tessons de bouteille, des bris de céramique, etc.

Bref, cet article n'est pas une apologie à la pollution (je ne souhaite pas être banni de la communauté bien-pensante du mouvement vert), mais à force de tout produire de manière biodégradable, on va finir par ne rien laisser d'intéressant à étudier.

Je laisse une trace pour les générations futures. "Non, la civilisation des années 2000 n'était pas toxicomane ... ni complètement débile !"