Terroriste

Pendant longtemps, la communication en termes de mesures ingrates passaient par des chemins de traverse. Non pas pour éviter les Moldus, mais bien pour éviter les polémiques bien pourries. Après tout, pour s'épargner des débats qui pourraient cultiver une image démocratique, pourquoi en discuter... Autant faire passer la mesure discrètement et voilà l'affaire dans le sac.

Mais ça, c'était avant. Avant la menace du pseudo-Etat prétendument islamique, avant les attentats, avant la mise en place d'un état d'exception à portée permanente, en gros avant ce qu'on pourrait appeler l'"argument Daesh"...

Il y a quelques semaines, les douanes ont fait leur coup de com" en conviant moult journalistes pour une séance de destruction de contrefaçons saisies. L'occasion pour eux qui ont une réputation assez médiocre de se mettre en valeur avec des interviews et même un tour en bulldozer pour détruire toutes ces petites merdes "Made in ailleurs" (pas d'amalgame)... A cette occasion, un obscur ministre (encore un, me direz-vous) en charge du dossier livre son point de vue : selon lui, il existe plusieurs arguments qui requiert qu'on lutte contre les contrefaçons.

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Tout d'abord l'argument économique. Acheter une sac Vuitton en plastique sur un marché dans la Creuse ou dans une échoppe miteuse du Cambodge, c'est mauvais pour le commerce. Ben oui, vous passez 20 balles à un commerçant alors que vous pourriez en passer 400 à une firme transnationale du luxe à la française. Cet argument repose sur la mode du Made in France, c'est un devoir de défendre des enseignes françaises parce qu'elles créent de l'emploi, même si lesdites enseignes ne payent pas forcément leurs impôts en France. Mais nous nous éloignons. Tout ça pour dire que l'argument économique ne marche qu'avec certaines personnes, plus sensibles à la conjoncture économique de la France qu'à leur propre budget.

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Puis vient l'argument sanitaire. Se dégoter une crème anti-rides à 12 balles le tube auprès d'un vendeur installé sur une île quelconque via Amazon, c'est prendre des risques pour sa santé. Peut-être que le type y a mis des produits toxiques ou de la viande de cheval, alors que Nivéa et les autres marques ont un cahier des charges épais comme ma cuisse, mais pour rentabiliser tout ça, il faut y mettre le prix. Donc il vaut mieux acheter une crème en vendant un de ses reins plutôt que de le perdre bêtement après s'être tartiné d'une lotion chelou.

Donc déjà deux arguments : l'un économique pour sauver la France, l'autre sanitaire pour sauver sa peau. Mais si après tout ça, vous n'êtes pas convaincu, faites attention à ce que va dire le ministre de je-sais-plus-quoi. Il balance un dernier argument qui va tous nous convaincre l'argument du terrorisme parce que les faux sacs Vuitton et les crèmes anti-rides bizarres financent les attaques terroristes. Eh oui, ces méchants groupes ont besoin d'argent : ils ont certes 10 millions de dollars par jour grâce au pétrole vendu sous le manteau, mais il leur faut aussi de l'argent de poche pour acheter des clous à mettre dans leurs ceintures d'explosifs. Donc ils ont produisent des crèmes, des sacs à main, des bidules en carton. Toutes ces merdes qu'on achète sur Amazon financent en fait le terrorisme, donc si vous achetez ces machins, vous financez des actes terroristes.

Alors convaincu ? Non, bah c'est que vous n'êtes pas "Charlie", vous serez donc assigné à résidence grâce à l'état d'urgence. Z"aviez qu'à faire vos courses aux galeries Lafayette, bande de prols ...