En quelques décennies, internet (ou l'Internet pour parler vieux) s’est immiscé dans nos vies au point de remplacer les autres médias. Alors que depuis environ 250 ans, l'information passait essentiellement par le papier, les vingt dernières années ont été décisives dans la révolution de la transmission de l'info. C'est d’ailleurs toujours marrant de relire chez le dentiste des vieux magazines : l’an dernier, ils te proposaient des articles débordants d’actualité, alors qu'aujourd'hui le sujet est tellement dépassé. Marrant certes, mais aussi un peu flippant. Bref passons...

loadimg

Tout ça pour dire qu'internet est réellement devenu un média d'échange où l'écrit occupe une place à part, quoi qu’on en pense… Toutefois, cet écrit numérique est une source d’étonnement quasi-quotidienne, notamment sur les réseaux (a)sociaux.

C'est un fait : internet a permis une démocratisation de la "prise de parole" puisque tout un chacun peut maintenant donner un avis (éclairé ou non) sur des thèmes innombrables. D'un naturel optimiste bien qu'un peu sceptique par moments, je considère cela comme une avancée.

Toutefois, avec cet essor de l’écrit, la barrière de la langue est pour certains plus qu’une barrière, c’est un fossé, un gouffre, que dis-je un canyon… Dès lors il faut s’armer de courage et de bonne volonté pour décrypter l’avis de tous. Par exemple dans le cas de Gil ci-dessous, il est nécessaire de répéter plusieurs fois et à haute voix le message avant de le capter l’info.

Com en terreMoyenne

Face à ces difficultés, il n’est pas rare que le débat dérape et que les propos aillent plus loin que la pensée. A moins que ce ne soit voulu… Prenons l’exemple qui suit :

Commentaires pas français

Alors que la première réplique est syntaxiquement correcte, bien qu’outrancière, la seconde s’avère plus exotique. Partant de là, ce genre de débat s’avère savoureux pour le quidam passant par là…

Cette faculté de donner son avis est couplée d’une tendance à partager ses propos, même si parfois certains réinventent les règles du Scrabble pour composer le plus de fautes en un minimum de mots :

2 mots, 2 fautes

Par contre, cette facilité peut dissimuler une surégotisation, la personne voulant à tout prix partager son avis, le sien, à elle perso, d’autant que cet avis a l’air important :

Moi perso je

Avec une politisation à outrance, il devient courant que ces prises de parole à l’écrit tournent au débat politique, certains acteurs avançant alors des arguments très poussés sans avoir peur de perdre leur lectorat.

Comm raciste

On remarquera que cette personne, sans se vanter de savoir écrire (ce qui est assez bas, enfin perso moi je trouve quoi…), ne maîtrise ni la ponctuation, ni l’emploi des majuscules. Dommage Madame… Notons aussi au passage que ce genre de propos a tendance à s’attacher à un pseudo et/ou un avatar mystère, afin de brouiller toute piste, d’ici à ce que la police politique ne retrouve les auteurs. Voici un des derniers exemples en date, exemple d’ailleurs très recherché :

Pseudo et image

A côté de ces propos injurieux, probablement regrettés par la suite (enfin, espérons…), internet recèle aussi d’endroits magiques où l’amour coule au robinet et s’infiltre dans les joints de votre salle de bain. Il suffit de chercher et vous trouverez des endroits où le cœur devient un signe de ponctuation, remplaçant alors le « …, connard » :

Comm plein d'amour

Mais ces débordements d’amour trouvent leur apogée dans des demandes assez déroutantes, mêlant tapinage sur réseaux sociaux et appel chelou à l’amitié :

Demande chelou

Tapinage FB

Comme internet est un outil d’ouverture sur le monde, il est normal que ces prises de parole ne se limitent pas aux pages francophones. Ainsi, des amis venus des quatre coins du globe (ne me demandez pas comment…) prennent part à ces débats, avec parfois des problèmes de traduction :

Traduction bizarre

Ou même du foutage de gueule de la part de Google Translate ou de Bing :

Traduction

En fin de compte, internet demeure un lieu de poésie où tout le monde peut exprimer ce qu’il a sur le cœur (ou ailleurs), partout y compris sur Wikipedia :

Wiki poésie