La suite ... en mieux

14 avril 2015

La presse en ligne avec son époque...

En décembre dernier, je livrais dans ces pages mon avis sur internet, endroit s'il en est un, où l'on peut exprimer sans limite son avis. C'était justement là le problème : il n’existe que peu de barrière à la liberté d’expression, ce qui est en soi une bonne chose à vrai dire.

A côté de ces formidables opportunités, les internets ouvrent aussi l’accès à une nouvelle étape dans l’histoire de la presse. Alors que depuis deux cents ans, on n'avait un accès facile qu'à une certaine presse, en fonction de son lieu de résidence et de ses revenus, les choses ont largement évolué avec le virage 2.0. Aujourd’hui, il existe une somme incalculable de sites d’infos qui présentent chacun à leur manière les actualités en proposant rubriques, mises à jour et flux en direct à son lectorat de plus en plus nombreux.

Cet étalage d’informations peut dans certains cas donner le sentiment d’être noyé. C’est particulièrement vrai au lendemain d’un événement attendu où chaque site propose son analyse en utilisant des titres tapageurs comme tous les « Ce qu’il faut retenir de … », vous savez ces titres qui permettent en 5 minutes de comprendre une analyse politique afin de briller à la pause-café de 10h au bureau. Ce genre d’articles n’est rien de plus qu’un saupoudrage de décryptage où l’on donne au lecteur un fragment de la bribe de l’analyse afin qu’il pense en savoir plus. Mais bien sûr, comme les journaux en ligne et les sites d’infos sont en concurrence les uns contre les autres, les analyses se recoupent, a fortiori si les analystes sont salariés par la même maison-mère…

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Mais les sites d’infos, par une savante utilisation des rubriques, sont aussi passés dans l’art de mettre les articles en relation. Comme pour le targetting sur Amazon, le site d’infos va vous proposer un article en lien avec celui que vous venez de lire en misant sur une série de mots-clés. Et c’est que ça empire : au lieu de fournir un article long et complet sur le sujet, le site va en produire plusieurs sur le même sujet en faisant varier les titres et en rajoutant des infos de ci, de là. Quelle tête on ferait si en ouvrant le journal, on voyait 4-5 fois la même photo d’illustration avec un titre différent et des infos similaires ? On se dirait qu’ils se foutent de notre gueule… Et bien, je crois que c’est ça !

Sur le même sujet

En fin de compte, un article en ligne, c’est rien de plus qu’un petit étirement du titre et du chapeau auquel on rajoute des notes en plus en détournant les formules à l’aide de synonymes et de périphrases. Prenons l’exemple de cet article sur l’éventuel don de … Je vous laisse lire cet article ô combien intéressant. Bref le titre comporte 3 éléments : le sujet, l’action et l’objet de l’action. Chacun de ces éléments est repris dans le corps de l’article avec des redites et des synonymes : 5 fois pour le sujet, 2 fois pour l’action et 3 fois pour l’objet de l’action. On mentionne en plus les sources, histoire de donner du coffre à l’article. Comme on est sur Internet, on y rajoute des outils de partage permettant au lecteur de se la péter en montrant qu’il a lu ce brillant article. Et comme le site doit vivre, on fait figurer les liens vers d’autres articles potentiellement en lien. Et voilà votre article est pondu. Heureusement qu’on ne paie pas pour ça, j’ai envie de dire…

Contenu article

Autre mode à remarquer : le choix des articles en relation. J’aimerais savoir qui gère l’attribution des mots-clés parce que parfois, j’ai beau cherché, je ne vois pas le lien ou alors un lien assez ambigu qui laisserait à penser que ce site penche vers la satire ou la satyre… D’autant que certains de ces articles ont vraiment l’air intéressant.

Choix des articles

Dans ce système, on sent que les auteurs se disent « Merde, faut que je sorte du lot. Il me faut un truc qui accroche ! ». C’est là qu’on voit que les gars ont de la ressource : ils te balancent tous les jeux de mots possibles pour pondre un titre qui envoie du pâté. Et le lecteur de constater comme la langue française est riche de sens. Franchement le gars à l’origine de telles prouesses mérite notre respect à tous : arriver à harponner des lecteurs avec un sujet aussi pourrave rien qu’en utilisant les nombreuses ressources dont recèle notre dictionnaire, tu te dis que c’est un taulier que même si son article est moisi, le titre aura égayé ta journée.

Jeux de mots chèque

Par contre, pour d’autres articles, tu sens que le gars faiblit derrière son écran. Il fait n’importe quoi pourvu qu’on le laisse tranquille. Certes son article tient la route, le titre n’est pas réellement accrocheur, mais il ne travaille pas pour le journal de Mickey. Et c’est au moment de la publication de l’article avec images et mise en page que tout fout le camp. Et vas-y que les fichiers s’intervertissent et voilà ça te donne un article sur la visite du ministre français de la Défense dans une conserverie du Finistère illustré par une photo du Kim nord-coréen. Autant dire que le mec peut retourner se coucher, il a fini sa journée avant même de l’avoir commencé…

Le Drian Kim Jong Un

Enfin, ça aurait été trop beau si ces fantastiques opportunités de s’informer n’avait pas été tourner en dérision par des petits coquins qui prennent un malin plaisir à triturer l’info comme un gamin malaxe cette bonne vieille pâte Play Doh. Alors que certains connards le font à des fins politiques en véhiculant des hoax bien moches (ceci sera bientôt sur vos écrans si mes doigts le veulent…), des génies du verbe et de l’autodérision produisent une presse satirique que le Time nous envie. Parmi eux, ces filous du Gorafi qui, malgré l’énormité des infos relayées, n’en finissent pas de passer pour de vrais journalistes. « La boucle est bouclée », comme dirait Charles de Gaulle un matin d’août 1944…

Gorafi pour de vrai

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29 janvier 2015

Un yaourt avec de vrais morceaux de polémique à l'intérieur !

Il y a quelques mois je consacrais ces pages à un principe simple mais essentiel dans la pub : le cul fait vendre. Alors que de nombreux exemples auraient pu appuyer ma démonstration, j’avais choisi à l’époque cette pub vantant la nouvelle canette Perrier, plus étroite et plus longue qu’une canette classique. Mais après mûre réflexion, cet exemple me permet d’embrayer sur une autre facette de la communication.

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On a tous déjà aperçu en librairie ou alors lu dans les chiottes de ses potes un livre sur les vieilles publicités, vous savez celles qu’on ne verra plus jamais dans les magazines parce qu’elles sont foutrement rétrogrades. Alors oui, sur le coup quand t’es vissé sur le trône et que tu détends, c’est marrant de voir ces objets visuels sexistes et/ou racistes.

Heureusement tout cela est derrière nous. Tout ? Non, une poignée d’irréductibles résiste encore et toujours à ce que certains voient comme du conformisme… Ainsi en y faisant attention, on peut constater que ce genre de pubs remonte à la surface de temps à autre, les concepteurs se disant : au mieux, ça passe incognito, au pire ça débouche sur une petite polémique. Et c’est là que c’est intéressant parce que une pub – j’aurais envie de dire toute pub – doit servir à rendre public un produit ou une idée. Mais alors que la pub va attirer l’attention de ceux qui veulent bien y faire gaffe, une bonne vieille polémique bien puante va arriver aux oreilles et aux yeux de bien plus de monde quand bien même la grande majorité en avait justement rien à secouer de tel produit ou de telle idée.

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Dès lors, les concepteurs sont confrontés à un dilemme : soit ils pondent une pub toute banale qui va annoncer leur produit sans flinguer l’image de la marque, soit ils se cassent la tête pour trouver un truc bien choc, histoire de tomber dans la polémique quitte à passer par des fachos, des machos ou tout simplement des gros cons. Quel dilemme, me direz-vous ! Ce genre de polémiques ressemble plus à des pétards qu’à des boules puantes : plutôt une histoire retentissante, mais relativement vite oubliée qu’un coup étalé sur le long terme à n’en plus finir… C’est donc bien souvent l’option « polémique » qui l’emporte, l’image de la marque étant temporairement écornée. Puis tout cela s’estompe et on en parle plus.

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Le public est lui aussi confronté à un choix cornélien : doit-on ne rien dire ou faut-il s’insurger contre de tels procédés ? Tu parles d’un choix : soit tu laisses couler quitte à banaliser ce genre de pubs, soit tu montes au créneau et tu offres une tribune à une marque qui ne demande que ça…

Toujours est-il que ça devient sacrément malsain. Les concepteurs vont de plus en plus loin pour trouver l’artifice scandaleux qui générera la plus belle polémique. Y’a quelques années, la Redoute, alors que son biz battait de l’aile, a réussi à faire d’elle en sortant un visuel pour les maillots de bain enfant avec un gars à poil derrière. Le tout en prétextant à l’erreur d’impression. Sérieux, de qui on se fout ?.. Les gars, ils passent des heures face à leur écran à pondre une maquette et ils te collent un nudiste du cap d’Agde pour vendre des shorts de bain. Chapeau les mecs !

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Dans le même genre mais en plus gras et avec une excuse encore plus bidon : le festival de jazz de Montreux en Suisse. Y’a deux ans, les organisateurs, en plus des festivités habituelles, permettaient aux festivaliers de laisser leurs enfants à un service de garderie. Service somme toute intéressant pour une manifestation de ce calibre. Or, il fallait trouver un moyen de l’annoncer : ils ont donc concocté une belle annonce à l’effigie du petit Grégory. Quoi de plus original que de parler d’un enfant disparu pour annoncer un service de garde d’enfants. Bien sûr, les parents Villemin se sont scandalisés, offrant alors un coup de pub au festival, quitte à en faire jaser plus d’un…

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Mais là où les publicitaires font leurs choux gras, c’est avec les contenus historiques politiquement connotés à l’extrême-droite, autrement dit avec le thème nazi qui recèle de motifs faciles à récupérer et ô combien intéressants pour qui veut tomber dans le franchement nauséabond…  La marque qui a fait fort ces dernières années, c’est bien Zara, marque espagnole bien connue de notre lectorat féminin. En consultant le page Wikipedia dédiée, on apprend que la marque « n’a pas de politique de communication très tapageuse », contrairement à H&M par exemple. C’est sûr que la marque ne s’expose pas sur les abribus ou dans les magazines comme ses concurrentes, mais par contre elle excelle dans le maniement de la polémique. En sortant à quelques années d’intervalle un sac affichant une discrète croix gammée puis une marinière à étoile jaune, Zara met la barre très haut. A chaque fois, les associations pètent un plomb en voyant ça, alertent la presse qui s’empresse de pondre un papier là-dessus et hop, un petit coup de pub gratos alors que le Suédois H&M se fait chier à payer des stars comme Lana del Rey comme avoir une couverture médiatique.

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Dernière en date, la marque encore obscure de Boy London reprend directement l’aigle nazi en guise de logo. Alors que certains s’en émeuvent, mais que d’autres s’en tapent sérieusement, la marque admet que leur logo doit plutôt être rapproché des symboles de la légion romaine, des Amérindiens ou encore du Congrès continental, histoire de satisfaire tout le monde. Ah c’est de bon goût, alors oui, ils ont eu la décence de virer la croix gammée, mais ça aurait été du plagiat non pas à l’égard du Troisième Reich, mais plutôt du sac à main Zara…

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03 décembre 2014

La magie d'internet

En quelques décennies, internet (ou l'Internet pour parler vieux) s’est immiscé dans nos vies au point de remplacer les autres médias. Alors que depuis environ 250 ans, l'information passait essentiellement par le papier, les vingt dernières années ont été décisives dans la révolution de la transmission de l'info. C'est d’ailleurs toujours marrant de relire chez le dentiste des vieux magazines : l’an dernier, ils te proposaient des articles débordants d’actualité, alors qu'aujourd'hui le sujet est tellement dépassé. Marrant certes, mais aussi un peu flippant. Bref passons...

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Tout ça pour dire qu'internet est réellement devenu un média d'échange où l'écrit occupe une place à part, quoi qu’on en pense… Toutefois, cet écrit numérique est une source d’étonnement quasi-quotidienne, notamment sur les réseaux (a)sociaux.

C'est un fait : internet a permis une démocratisation de la "prise de parole" puisque tout un chacun peut maintenant donner un avis (éclairé ou non) sur des thèmes innombrables. D'un naturel optimiste bien qu'un peu sceptique par moments, je considère cela comme une avancée.

Toutefois, avec cet essor de l’écrit, la barrière de la langue est pour certains plus qu’une barrière, c’est un fossé, un gouffre, que dis-je un canyon… Dès lors il faut s’armer de courage et de bonne volonté pour décrypter l’avis de tous. Par exemple dans le cas de Gil ci-dessous, il est nécessaire de répéter plusieurs fois et à haute voix le message avant de le capter l’info.

Com en terreMoyenne

Face à ces difficultés, il n’est pas rare que le débat dérape et que les propos aillent plus loin que la pensée. A moins que ce ne soit voulu… Prenons l’exemple qui suit :

Commentaires pas français

Alors que la première réplique est syntaxiquement correcte, bien qu’outrancière, la seconde s’avère plus exotique. Partant de là, ce genre de débat s’avère savoureux pour le quidam passant par là…

Cette faculté de donner son avis est couplée d’une tendance à partager ses propos, même si parfois certains réinventent les règles du Scrabble pour composer le plus de fautes en un minimum de mots :

2 mots, 2 fautes

Par contre, cette facilité peut dissimuler une surégotisation, la personne voulant à tout prix partager son avis, le sien, à elle perso, d’autant que cet avis a l’air important :

Moi perso je

Avec une politisation à outrance, il devient courant que ces prises de parole à l’écrit tournent au débat politique, certains acteurs avançant alors des arguments très poussés sans avoir peur de perdre leur lectorat.

Comm raciste

On remarquera que cette personne, sans se vanter de savoir écrire (ce qui est assez bas, enfin perso moi je trouve quoi…), ne maîtrise ni la ponctuation, ni l’emploi des majuscules. Dommage Madame… Notons aussi au passage que ce genre de propos a tendance à s’attacher à un pseudo et/ou un avatar mystère, afin de brouiller toute piste, d’ici à ce que la police politique ne retrouve les auteurs. Voici un des derniers exemples en date, exemple d’ailleurs très recherché :

Pseudo et image

A côté de ces propos injurieux, probablement regrettés par la suite (enfin, espérons…), internet recèle aussi d’endroits magiques où l’amour coule au robinet et s’infiltre dans les joints de votre salle de bain. Il suffit de chercher et vous trouverez des endroits où le cœur devient un signe de ponctuation, remplaçant alors le « …, connard » :

Comm plein d'amour

Mais ces débordements d’amour trouvent leur apogée dans des demandes assez déroutantes, mêlant tapinage sur réseaux sociaux et appel chelou à l’amitié :

Demande chelou

Tapinage FB

Comme internet est un outil d’ouverture sur le monde, il est normal que ces prises de parole ne se limitent pas aux pages francophones. Ainsi, des amis venus des quatre coins du globe (ne me demandez pas comment…) prennent part à ces débats, avec parfois des problèmes de traduction :

Traduction bizarre

Ou même du foutage de gueule de la part de Google Translate ou de Bing :

Traduction

En fin de compte, internet demeure un lieu de poésie où tout le monde peut exprimer ce qu’il a sur le cœur (ou ailleurs), partout y compris sur Wikipedia :

Wiki poésie

 

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21 octobre 2014

"La jetabilité, l'interchangeabilité et l'exclusion" mises en scène

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Ce weekend, il m’est encore arrivé un truc que je ne fais que rarement : j’ai feuilleté le magazine télé. Eh oui, même si je continue de payer cette chère redevance, il est loin le temps où le vendredi j'épluchai consciensieusement le magazine pour voir quelles soirées étaient embellies par telle ou telle émission ô combien palpitante… Du coup, pour une fois je l’ai bien feuilleté, jusqu’à tomber sur des émissions dont je ne connaissais même pas l’existence. En effet, je suis tombé sur la page de la chaîne « Numéro 23 ». Première surprise : je ne pensais pas que les noms de chaîne aussi pourris avaient survécu à la disparition de la « Cinq ». Puis, au hasard de ma frénétique lecture, je tombe sur une autre surprise : l’émission Ink Masters. Si j’ai bien compris le concept, c’est une émission de téléréalité basée sur une compétition de tatoueurs, voilà c’est à peu près tout ce qu’on peut en dire.

Finalement, c’est pas plus intelligent que Top Chef, Cousu Main ou Splash. On se situe dans la même zone du cerveau, celle qui est moins irriguée que les autres, celle qui ne sert à rien, celle où il y a autant d’écho que dans une boîte à chaussures. Toutes ces émissions reposent sur le même principe. Première étape : sélectionner des candidats, si possible des « originaux » si tant est que ça existe encore ; leur bourrer le mou en leur faisant croire qu’ils ont un réel talent dans ce qu’ils font. Deuxième étape : trouver des sponsorspour meubler les créneaux de pub des futures émissions. Troisième étape : organiser une compétition entre ces candidats ; les filmer et recueillir leurs avis éclairés ; faire un montage ingénieux pour faire croire que ces candidats ont de la matière grise. Quatrième étape : lancer la diffusion de cette émission en plusieurs épisodes rallongés par une alternance de « previously » et de spots de pub sans fin.

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Cette technique est magique puisqu’on peut la décliner sous toutes les formes et sur tous les thèmes. Au début des années 2000, la chanson a « ouvert la voix », si je puis dire avec la Star Ac’ et Pop Stars, même si Pascal Sevran dans les années 1990 était en fait un vrai pionnier. Le spectateur ayant aussi des envies de voyage et d’aventures, les producteurs ont décliné le concept avec Koh-Lanta ou Pékin Express où les candidats luttent pour être le meilleur « aventurier ». Pour les moins téméraires, toute la vague des « Opération Marjolaine sur l’île du Bachelor » où l’objectif était de dénicher la plus belle pétasse ou le plus beau Don Juan, d’ailleurs placés au même point, preuve que la lutte n’est pas finie…

Là, on pensait avoir touché le fond mais les producteurs ont trouvé une formidable pelleteuse et ont creusé encore plus profond avec des émissions consacrant « le pire » ou « le meilleur » : Top Chef et Master Chef (remarquez l’originalité des noms…) pour le meilleur cuisiner, Zéro de conduite pour le pire chauffeur, You can dance et Danse avec les stars pour le meilleur danseur, Ice Show pour le meilleur patineur, Splash pour le meilleur plongeur, le Meilleur Pâtissier et Qui sera le prochain grand pâtissier pour… le meilleur pâtissier, Friends Trip pour le meilleur ami, Cousu main pour le meilleur couturier, etc.

Mais cet esprit de compétition ne se limite pas aux seuls talents des participants puisque la déclinaison aborde aussi le patrimoine avec le Village préféré des Français ou le Monument préféré des Français et sur les événements avec Bienvenue chez nous sur les maisons d’hôte ou Quatre mariage pour une lune de miel…

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Cette tendance est assez symptomatique de la télévision et, par voie de conséquence, de la société. Vouloir tout mettre en compétition, vouloir tout comparer implique donc que tout est sur le même pied d’égalité. Cette manie s’applique à gommer toute originalité, toute diversité puisqu’il faut des points de comparaison pour organiser la compétition. Objectivement, j’attends avec impatience la suite de ces programmes : le meilleur enterrement, la plus belle raquette de ping-pong, le plus beau mollard sur le trottoir, le plus bel accouchement (ah merde, déjà fait !). A moins que les chaînes de télé se décident à rentrer elles-mêmes dans la compétition pour devenir la meilleure chaîne de télé, quitte à faire disparaitre les autres…

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17 septembre 2014

Le cul fait vendre...

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Ce soir après une chaude journée, je me suis acheté un truc à boire. Malgré le large éventail de boissons qui s’offrait à moi (dont 20 sortes de coca différentes…), j’ai opté pour un Perrier, vous savez cette célèbre marque d’eau française, la marque qui a pollué les panneaux publicitaires tout l’été. Cette campagne était plutôt bien pensée en misant sur un nom bien connu des Français et sur un symbole – la tour Eiffel – qui symbolise la France dans le monde entier.

Ce coup de pub faisait la promo du nouveau Perrier. C’est donc ce breuvage que je me suis payé en cette belle journée de septembre… Et là ô surprise, c’était bel bien du Perrier, la même flotte que j’avais bu une belle matinée de mai 2011. Mais alors, était-ce donc le même produit ? Je le crains fort. Pourtant la campagne de ce printemps avait tout pour nous mettre l’eau à la bouche : une marque réputée, un « nouveau » produit, j’entends un nouveau packaging, des effets stylistiques très modernes et, comble du comble, une belle polémique reprise dans les médias. En fait, tout reposait sur la nouvelle forme de la canette : désormais, le produit est vendu dans une canette plus étroite, du diamètre d’une canette de 25 centilitres, concept que je ne comprends toujours pas d’ailleurs…

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L’objet fini plus étroit est donc plus haut, élémentaire mon cher Watson… Plus haut si le produit est debout ou plus long s’il est couché. Et c’est là que ça a fait boom ! La commercialisation de ce « nouveau » produit a donc fait l’objet d’une affiche très suggestive, dirons-nous : une femme dans la force de l’âge tenant ladite canette de manière à suggérer la pratique appelée « inflation » par Rachida Dati. Pour ceux qui n’auraient pas compris, je vous invite à vous renseigner à ce sujet… Cette pose était de surcroit accompagné du slogan évocateur « J’en ai jamais vues d’aussi longues ! ». Cette allusion ma foi bien tournée été en quelque sorte le feu d’artifice que les milieux soit féministes, soit puritains (que je prends garde de ne pas mettre dans le même sac) se sont empressés d’allumer.

Et voilà le tour est joué : un peu de packaging moderne en reprenant la canette des boissons énergisantes très en vogue ; une affiche bien ficelée avec des allusions au cul ; et un slogan volontairement ambigu, de manière à créer une polémique. En somme, pour vendre, il faut miser sur un emballage dans l’air du temps et surtout sur le cul !

Avouez d’ailleurs que l’image de couverture (si je puis dire…) empruntée aux champions de chez Wonderbra a quand même attiré votre regard en passant rapidement sur la page…

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20 août 2014

Prendre de l'altitude

DSCN8278Le poète contemporain Grand Corps Malade est arrivé sur le devant de la scène en proclamant que la vie en général - et pour les besoins de sa chanson, les histoires d'amour - c'était comme les voyages en train. Oui pourquoi pas ? Mais avouez que ce serait quand même plus divertissant si c'était comme les voyages en avion.

Après, cet avis n'engage que moi. Eh oui, parce que les voyages en avion ne laissent pas grand-monde indifférent. Si de nombreuses personnes et encore plus ces dernières semaines flippent à l'idée de monter dans ces amas de feraille et de s'envoyer en l'air à plus de 10.000 mètres, d'autres ressentent un enthousiasme qu'elles ont parfois de mal à dissimuler. En mon âme et conscience, je crois que je fais partie de la deuxième catégorie. C'est vrai, mon quotidien estudiantin ne m'offre que peu d'occasions de m'envoyer en l'air. Toutefois, en la jouant finement et en faisant quelques concessions, j'arrive à trouver le bon plan pour prendre l'avion. Ainsi, mon job d'été m'offre l'opportunité de prendre l'avion et ce, sans le payer. D'une manière générale, c'est toujours mieux quand c'est gratuit... Alors oui, la semaine dernière j'ai pris l'avion ... pour des raisons professionnelles. Sans mentir, c'est ce que j'ai dit à l'employée du ministère du tourisme espagnol qui est venue à ma rencontre à l'aéroport de Séville. Je prononce rarement cette phrase : faut dire que mes différents jobs étudiants ne m'ont permis jusque là que de la prononcer à propos de ma dextérité au diabolo et de mon DSCN7881assiduité aux cantines scolaires... Alors quand j'ai pu la placer face à une sondeuse, j'ai soudain pris une dizaine d'années dans les dents, comme si j'étais un représentant à la George Clonney dans Up in the air !

Du coup, la fréquentation des milieux aéroportuaires n'a plus vraiment de secret au vu de mes ... En fait si, y'a encore plein de trucs qui m'interpellent... Avant de prendre l'avion, au moment de passer le portique, on te demande d'enlever ta ceinture ; puis, une fois dans l'avion, on te demande de la boucler. C'est assez contradictoire. Même constat avec les liquides : depuis une décennie, la grande menace plane (ohoo jeu de mots involontaire !) sur les aéroports. Alors en conséquence, les liquides sont bannis des avions, hormis ces chères bouteilles des Duty Free. Du coup, on m'a confisqué ma crème solaire au départ de Strasbourg. J'ai eu envie de leur dire : "c'est bon, je vous la laisse !", mais quand j'ai vu le temps qui faisait dehors, je regrettais de ne pas mettre fait piquer mes moufles... Autre chose que je ne m'explique pas : pourquoi applaudir à l'arrivée ? Est-ce qu'on applaudit le boulanger en achetant un croissant ? Soit disant, c'est parce que le pilote a fait son job correctement. Heuresement, je dirais. De toute façon, les pilotes, depuis le cockpit, ils n'entendent pas les clap-clap...

DSCN8256Depuis que je suis tout petit, je suis super excité au moment de prendre l'avion. J'ai toujours pris mon pied au décollage, juste au moment où le dernier train d'atterrissage quitte le sol, la fraction de seconde où tu réalises que c'est bon, tu voles... C'est tout de même assez grisant comme sensation. En fait, d'aussi loin dont je me souviens, j'ai toujours aimé fréquenter les aéroports. Mais il y a quelques jours, quand j'ai subi les désagréments d'un vol annulé, j'ai compris qu'en fait, c'était quand même mieux avec une machine bien huilée. Tu ressens une telle frustration quand t'es à la porte d'embarquement, c'est-à-dire à la dernière ligne droite avant l'avion, on te dit qu'il va falloir attendre une heure, puis deux heures, puis une nuit avant de pouvoir quitter cet univers à la fois faussement chaleureux et tout à fait impersonnel. Le pire est de voir partir tous les avions, tous sauf le tien.

Toujours est-il que cette mésaventure ne m'a pas dégouté de l'avion. Grimper au-dessus des nuages et découvrir le monde sous un autre angle sont toujours des expériences aussi plaisantes !

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29 juillet 2014

Librement inspiré...

Keep Calm and CarillonneAu cours des derniers mois, je me suis un peu baladé, j'ai visité des musées, déambulé dans des villes, fréquenté des boutiques. Au cours de ces pérégrinations, une chose m'a frappé : la grande originalité des slogans et autres marques publicitaires. Nan mais c'est vrai, il existe environ des millions des mots permettant d'exprimer une idée ou de composer une phrase-type, mais on retrouve toujours les mêmes. Cette pratique ne date pas d'hier : souvenez-vous quand vous étiez au collège, on avait tous un gars dans la classe qui avait un T-shirt FBI avec écrit en-dessous le très parlant "Fou, bête et idiot" ou pire, le très beauf "Female body inspector". Ces T-shirts n'ont pas encore totalement disparus, je lance d'ailleurs un appel pour qu'on les foute au feu une bonne fois pour toutes, ça ne peut plus durer...

Alors qu'on pourrait croire que cette mode n'avait pas survécu au tournant du XXIe siècle, il faut se rendre à l'évidence : les slogans ont changé, mais on continue de tourner en rond. Prenons l'exemple très à la mode du "keep calm and des-chevaux-et-des-hommes-240carry on" : cette affiche, apparue pendant la Seconde Guerre mondiale, est revenue sur le devant de la scène les derniers mois et hop, tout le monde a repris ce slogan en changeant la deuxième partie de la phrase. Là, c'est l'avalanche : eat a cookie, go shopping, follow Jesus, love horses, call Batman, ... Bref, je pense qu'on a compris que les créateurs de ces immondices ont été très inspirés. Il y a quelques jours, en profitant de mes vacances dans le Midi, je suis allé passer une journée en bord en mer. J'ai posé ma serviette dans la ville de Carry-le-Rouet, à côté de Marseille. Et là, en regardant passer les nuages pendant la sieste, j'ai eu l'idée de créer un T-shirt très original, intitulé "Keep calm and Carry-le-Rouet". Comme je ne possède pas les machines pour, j'invite l'industriel passant par là à me contacter pour qu'on fasse du biz ensemble...

Autre mode insupportable : celle qui a suivi le succès du film "Des hommes et des dieux". Ce succès date un peu, mais continue d'irriguer le monde des médias avec des répercussions jusque sur la table au moment du repas de famille... Après le carton de ce film, tous les créateurs de slogans ont eu une même idée : miser sur la dualité du titre en mettant en relation "des hommes" et un autre truc lambda. Là aussi, ça a pété dans tous les sens ! "Des hommes et des arbres" pour sauver la forêt tout en vendant des charpentes, "des hommes et des traditions" pour faire vivre le tourisme en Bourgogne, magritte-ceci-n-est-pas-un-livre-de-coloriageetc. Certains petits malins ont essayé de nous la faire à l'envers avec un reportage sur "des abeilles et des hommes", avec une association "des animaux et des hommes", mais on n'est pas dupes, loin de là. Je disais, une mode qui nous suit même à table. L'autre jour, je débouche une bouteille de vin et hop, sur le bouchon "des hommes et une passion". Raaa, c'est pas possible. Autant les initiatives sont louables, autant leurs slogans sont périmés depuis longtemps...

Là où le fond du fond est atteint, c'est dans les boutiques dites culturelles. Au printemps, au cours d'un week-end à Bruxelles, j'ai eu l'occasion d'aller au musée Magritte, enfin plutôt à la boutique du musée, histoire de "faire genre"... J'ai toujours bien aimé les boutiques des musées : on arrive à te vendre des trucs tellement éloignés du sujet du musée que tu les achètes pour les remercier d'avoir cherché si loin. En l'occurrence, cette boutique recelait d'un stock de livres sur Magritte. Si certains avaient vraiment l'air intéressant, la plupart étaient affublés d'un piètre titre, comme "Ceci est Magritte", un hors-série de Beaux-Arts magazine, ce qui n'est pas rien... Sur cet étalage, ma palme est revenu au livre de coloriage ! Le pauvre Magritte doit se retourner dans sa tombe...

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08 mai 2014

La culture, pourquoi faire ?

Toutes les personnes que tu croises quotidiennement peuvent être rangées en trois catégories : y'a ceux à qui t'aimerais ressembler, y'a ceux qui t'en touchent une sans faire bouger l'autre - à vrai dire, la grande majorité - et y'a ceux à qui tu ne voudrais surtout pas ressembler. Ce classement est très subjectif et c'est assez normal finalement.

emmanuel-kantCe billet n'est pas destiné à faire la liste des gens à qui j'aimerais ressembler : ça n'a pas trop de sens et puis, j'ai plus 15 ans en fait... Non, je préfèrerai revenir sur une des composantes de la troisième catégorie : ceux que j'appelle "les obtus". Notez, pour la bonne compréhension de ce qui va suivre, que les obtus peuvent être des connards aigus ! L'un n'empêche pas l'autre...

La plupart du temps, les obtus sont, se savent ou s'imaginent brillants dans un domaine spécifique et en vertu de ça, pensent que leur domaine résume ce qu'il faut savoir, le reste n'étant que du détail auquel il n'est pas nécessaire de s'intéresser, sous peine de se cultiver... Ainsi, en maîtrisant la somme de connaissances liée à cette thémtique, l'obtu pense avoir fait le tour de question et ne voit donc pas l'intérêt de voir au-delà du bout de son nez, préférant cultiver son savoir dans son coin.

On touche là à une des grandes différences entre les scientifiques actuels et les érudits des siècles précédents. De nos jours, rares sont les gars calés sur la géohistoire du continent asiatique, capables de comprendre la composition d'une molécule quelconque, habiles à débiter une souche de chène centenaire et en même temps aptes à cuisiner un filet mignon Rossini. Eh oui, parce que dans la vie, on est parfois obligé de se servir de ses mains et de sa tête...Moyennedanseuse-sinusoidale

Bon, peut-être que mon point de vue est orienté (après tout, c'est mon blog...), mais les derniers obtus que j'ai rencontrés pouvaient rentrer dans le club des "obtus de sciences dures". A mon sens, c'est peut-être les pires. Tu sais, c'est tous ceux qui, au lycée, ont fait S parce qu'en L, on sert à rien et en ES, c'est pour ceux qui ont pas d'avis, d'où l'appellation "En Suspens". A vérifier... C'est le genre de gars qui, sous prétexte d'être balaise en maths (chose qu'on peut leur concéder), estime que le français, les sciences humaines et surtout la philo ne servent à rien. Parce que, "vu son niveau d'étude", on ferait mieux de supprimer ces matières inutiles pour mettre le paquet dans les disciplines scientifiques. Alors que les branleur de L et surtout l'indécis d'ES ont le droit de se coltiner toutes les matières, après tout, il fallait choisir. Eh ben, c'est ce gars que tu retrouves bien des années plus tard et qui a du mal à faire une phrase en français, j'entends, sans symboles mathématiques, ce qui ne l'empêche pas de proclamer des locutions latines telles que le très joli "Alea ejaculata est" qui symbolise l'esprit fertile de ces gens-là...

5859248-cedric-villani-l-anglais-a-l-universite-est-une-necessiteLes obtus ont ceci de formidable : ils ne se remettent que rarement en question, persuadés d'avoir raison. Cette obstination donne des générations de tronches très forts dans ce qu'ils font, mais tellement vides en termes de culture et perpétue une sorte de hiérarchie des savoirs, hiérarchie somme toute très conne consacrant l'usage de sa tête plutôt que celui de ses mains. Du coup, moins tu te sers de tes mains, plus tu grimpes dans le classement des obtus ! Mais, qu'on se rassure, plus tu grimpes dans le classement, plus tu risques d'être un blaireau.

 

Finalement, je préfère être une brèle en maths plutôt que de ressembler à ce bon vieux Cédric Villani qui aime se surnommer la Lady Gaga des maths, preuve qu'on peut être une pointure en maths et avoir des références de merde...

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14 mars 2014

JEHOVAH : Scrabble ! 73 points...

coolchristqa6Ca y est, c'est (presque) le printemps ; les oiseaux reviennent, mais ce ne sont pas les seuls à être de retour. Non, en regardant bien, tu peux repérer des personnes qui sortent du lot.

Alors que dès le mercure remonte au-dessus d'une quinzaine de degrés, les gens normalement constitués tombent les pulls en laine et les futals en velours, certains individus persistent à garder leurs sapes d'hiver. Pire, alors que, la chaleur venant, le commun des mortels cherche les endroits pépères à l'ombre, certains individus s'ingénuent à se planter au milieu des places publiques en plein cagnard...

Les plus malins d'entre vous ont reconnus ceux qui vont être au coeur de cet article : les témoins de Jéhovah et autres prosélytes de toutes sortes ! Oh on a tous une petite histoire à propos de ces gens-là : comment on les a remballé une fois, comment on s'est avoir une autre fois, ... Bref, c'est un des sujets qui fait toujours bien marrer quand t'en parles avec tes potes, sauf si évidemment tu comptes dans ton entourage un de ces gars-là.Block17799!_!Les_temoins_de_Jehovah

La plupart du temps, ce genre de personnes se fait vite remarquer. Même si on peut pas dire qu'ils ont un costume, sauf pour certains spécimens, leur style vestimentaire ne laisse pas indifférent. Par exemple, hier soir, j'en ai croisé deux. Je ne sais pas de quelle église ils se revendiquaient, mais tu les repères à 2 kilomètres : attends, un couple, généralement un homme et une femme, qui distribue des tracts imprimés à l'arrache et trimballe un panneau agrémenté de photos louches, ça se repère de loin.

Mais vu que leur mouvement, aussi obscur et obscurantiste soit-il, réside sur un recrutement plus ou moins fallacieux, ils sont un peu obligés de mettre le paquet pour dégoter des appâts. Le problème, c'est que leur vitrine n'attire pas les foules. Déjà qu'en ville, les passants sont moyennement chauds pour se laisser alpaguer par n’importe qui, alors rajoute à cette habitude, des "alpagueurs" moches, mal habillés et intéressés à te fourguer de la merde en barre, le résultat s'annonce guère glorieux...

3cd71c27D'autant que la came que des groupes comme les Témoins de Jéhovah proposent n'a rien de fantastique, prenons l'exemple de ces marioles parce que c'est la plus grande secte de France et ce sont ceux qu'on connait du coup le mieux : alors eux refusent toutes sortes de pratiques jugées déviantes par leur chaman ou leur gourou, peu importe l’intitulé du boss de fin. Parmi ces déviances, on trouve bien sûr tout ce qui a rapport au cul comme l'adultère ou la zoophilie. Pas étonnant que des gens aussi allumés dans leur tête soient aussi éteints dans leur caleçon : c’est le principe des vases communiquants, dirons-nous... Mais ça va même plus loin : ils rejettent les jeux d'argent, l'ivrognerie et même les sports extrêmes, c’est complétement dingue puisque leur doctrine reposent sur ces pratiques. Si financer une telle organisation dans le but d'obtenir une vie après la mort n'est pas un jeu d'argent, là je comprends plus rien. Et survivre en col roulé place de la Rép’ en plein mois d'août sans boire une goutte d’eau, ça ressemble pas à un sport extrême ?

Autre moyen de les capter, c’est par le nom de leur groupe, lobby, association, club. Là y'a vraiment moyen de se marrer. Selon la liste officielle, y’en a des corsés… Y’en a qui restent classiques avec des noms un peu foufous, mais somme toute basiques comme l’« Eglise universelle de Dieu » qui passerait presque pour normale sous cette appellation ou alors les « Eglises du Christ international » après que Jésus ait réussi son bachelor en commerce international… Avec un nom chantant un peu chrétien ou du moins christique, ces sectes tentent l’option tranquillité en se faisant passer pour une petite assoc’ spirituelle, d’où peut-être un piège… Mais d’autres sont réellement innovants pour faire mouche auprès de tous les instables du monde entier. On trouve ainsi les « Chevaliers du Lotus d'or » qui rappellent un peu une BD de Tintin, tout en restant assez soft. Dans le même genre, on s’attend à retrouver Esteban et Zia à la tête du « Club prélude à l'Age d'or ». Mais à mon avis, la palme de revient à la « Société internationale de trilogie analytique » qui doit rassembler tous les profs de maths en perte de repères, orthonormés ou non…

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24 janvier 2014

Pauvre comme Jobs, mon cul oui !

notutile-blog-design-geek-steeve-jobs-thx-steeve-autreIl y a 30 ans jour pour jour sortait le Macintosh qui allait devenir un objet culte et fonder l'image de marque d'Apple, vous savez cette coopérative fruitière dont Forrest Gump est devenu actionnaire après avoir pêché toutes les crevettes dans le coin de Greenbow, Alabama... A l'époque, le produit était révolutionnaire : là, tous les crétins d'Applemaniacs vont me dire que ça l'est encore... A l'époque, ça l'était, sans aucun doute. J'en veux pour preuve le clip publicitaire pondu par le déjà très prometteur Ridley Scott. Vous vous en souvenez peut-être : c'était le clip assez dingue où une nana courait parmi des lobotomisés avant de faire du lancer de marteau mais avec un vrai marteau... Bref, tout ça pour dire qu' à l'époque, le produit a fait l'effet d'une bombe, la marque à la Pomme a gagné son pari.

ConformismeMais alors que dans la première décennie, la marque était un peu l'apanage des originaux de San Francisco, de tout le milieu de la contre-culture qui luttait contre le Système, elle a depuis retourné sa veste pour devenir le fer de lance de ce même Système dont elle devait sonner le glas. Le problème rappelle le mouton de Panurge de Rabelais : au départ, il est indéniable que le produit est de qualité, comme le fameux mouton, du coup ça tente plusieurs personnes et ainsi de suite, de fil en aiguille, pour faire "comme tout le monde" on achète ledit produit en se disant que c'est un truc super original. Sauf que ce qui était novateur par sa rareté va perdre de son charme en se multipliant. Ainsi, suivant les lois du marché, ce qui est prisé voit son prix augmenter : c'est mathématique vu que le projet a l'époque était de s'en mettre plein les fouilles et de sortir de ce putain de garage...

C'est bien là le problème de l'anticonformisme : tous les objets qui ont été conçus pour aller à l'encontre du Système finissent par rentrer dans les rangs. Imaginons un instant que le conformisme et l'anticonformisme sont sur une règle, le premier à droite et le second à gauche et ben, c'est comme pendant la Révolution, on se fait toujours doubler par quelqu'un de plus à gauche que soi. On a beau trouver un petit truc plus original pour se décaler vers la gauche, y'aura toujours quelqu'un qui aura une idée en plus pour aller plus loin. Du coup, celui qui passait pour un fou à l'époque finit par être considéré non pas comme tout le monde, mais comme un génie. De la même manière, celui qui - comme Jobs - voulait défier le Système ou du moins le contredire se retrouve au sommet de celui-ci.

Ce genre de phénomène se rerpoduit avec tout. Je me souviens au collège d'un gars qui faisait des dessins de tout et tout le temps, juste pour exprimer son ressenti et aussi passer le temps. Les autres le prenaient pour un taré, le taxant d'autiste, incapable de faire passer ses sentiments par des mots. C'était assez fou, d'autant qu'il avait un sacré coup de crayon (au sens premier du terme !). Maintenant, avec cette merde de Bitstrip, n'importe quel péquenot peut réussir à pondre un "dessin" pour dire ce qui lui passe par la tête, c'est-à-dire souvent du vent.
Cet article n'est pas une tribune contre l'anticonformisme. Loin de moi l'idée de prôner un monde uniforme où on serait tous des êtres lobotomisés comme dans le clip de Ridley Scott... On essaie tous de se démarquer pour se forger une identité propre, mais ce processus d'égotisation ne doit pas se fonder sur une course à l'originalité au risque de voir l'anticonformisme devenir très conformiste...

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