Big up à Du Bellay !
Il y a de ça près d'un demi-millénaire des poètes, des écrivains comptant parmi la fine fleur du monde des lettres d'alors se sont groupés autour d'un objectif simple : faire reculer l'ignorance. Objectif simple à énoncer, mais pas facile à mettre en oeuvre. Tout le monde connait le sentiment d'abattement qu'on ressent face à un auditoire dont on avait mésestimé les capacités de débat.
Bref, les Du Bellay, les Ronsard et autres Thyard de la Renaissance prônaient l'usage du français en tant que langue de savoir et, en fin de compte, en tant qu'outil intellectuel, une sorte de marchepied pour s'élever plus haut. L'opération était d'autant plus ardue qu'elle reposait sur un paradoxe : utiliser le français mais revenir aux bases antiques, donc le latin et le grec. Ces auteurs, regroupés au sein de la Pléiade, se sont fait remarquer dans l'histoire en produisant un plaidoyer intitulé "Défense et illustration de la langue française" et destiné, comme son titre l'indique, à soutenir ces efforts autour de la langue française, bien qu'elle ne soit pas encore unifiée.
Ces événements ont permis l'essor de la langue française
qui est devenue à partir du traité d'Utrecht de 1714 la langue diplomatique entre les Etats européens, statut demeuré inchangé jusqu'aux guerres Mondiales qui ont vu progressivement l'émergence de la langue de Shakespeare. Toutefois, notre vieux français ne s'est pas laissé si facilement détrôné : demandez donc à vos amis escrimeurs !
Mais voici donc que les autorités bien pensantes de notre République - pourtant fondée entre autres sur le français - se sont mis en tête d'introduire de l'anglais dans les cursus universitaires. Cette mesure, destinée à devenir loi, doit permettre d'attirer des étudiants en France pour qu'ils bénéficient de notre système éducatif. Mais si ces étudiants ont fait (ou vont faire) le choix de venir en France, la barrière de la langue entre-t-elle vraiment en ligne de compte ?
Cette article n'est pas une tribune virulente à la Marine contre toute forme de "batardisation" : je suis le premier à me marrer quand j'entends parler de "baladodiffusion", de "bolidage" ou de "éblabla". Une langue vivante n'est vivante que si elle vit (oulah belle lapalissade !), mais ce ne doit pas être en se féfugiant dans ses cadres et encore moins en se laissant marcher dessus. Quoi qu'on dise, la langue française est composée autant de dithyrambes que de big ups, autant de congratulations que de wesh, autant de charmant que de bonnasse, ... Tout est question d'usage en somme.
Un film d'hoddeur
Hier soir, après une chaude journée - tout est relatif en matière de chaleur à Strasbourg -, je me suis ouvert une petite bière bien fraîche en rentrant chez moi. Là avant même la première gorgée, plein de trucs me sont venus en tête, juste avec le petit panache contenu entre le liquide et la capsule. C'est assez incroyable ce que peut contenir en termes de souvenir une simple odeur. Selon Paul Nougé, "les idées n'ont pas d'odeur", mais les souvenirs si. Ainsi cette odeur de canette fraîchement décapsulée me ramène toujours 10-15 ans en arrière quand je passais mes étés chez mes grands-parents. Tous les soirs, après une rude journée passée à travailler sous le cagnard, mon grand-père me demandait une bière, une Kro en bouteille de 25, je m'en souviens comme si c'était hier. Honneur suprême : c'était à moi de l'ouvrir et là, ce même flot d'odeur à la fois doux et fort.
Que de souvenirs...
De la même manière, d'autres odeurs parviennent encore à me transporter et à me rappeler des moments passés : l'odeur des mûres fraichement cueillies me ramènent à la même époque que je passais mes vacances d'août dans le Midi ; la senteur un peu lourde qui précède les gros orages d'été me fait penser à toutes les rincées qu'on a essuyées en campant ces dernières années, notamment les camps dans les Cévennes avec ces déluges ; l'odeur des vieux livres, que je sens encore souvent, me transporte dans mon grenier où sont entassés les livres de ma mère et de mes grands-parents.
Si certaines odeurs me rappellent les moments passées, d'autres me font penser à des personnes rencontrées, mais là, le sujet est trop perso. Peut-être un prochain article, à voir...
Un coup de vieux ?
Depuis un certain temps, il m'arrive des choses bizarres, des trucs que je ne faisais pas avant. Depuis que j'ai changé de boulot, mon employeur me pose des questions assez inédites pour moi. Ainsi, à propos d'un détail minime, elle me fait : "Ca vous dérange si je vous envoie un message pour vous le confirmer ?" Waouh, il se passe quoi, là ? Depuis, quand on demande la permission à quelqu'un avant de lui envoyer un message ? C'est bizarre, mais pas très dérangeant... Autre événement étrange : y'a deux semaines, le carreleur est venu pour réparer quelques trucs dans la salle de bain. En rentrant, il m'a appelé "Monsieur" et m'a vouvoyé. Biiiim, tu viens de vieillir d'un coup.
Mais cette sensation s'accentue quand mon interlocuteur est plus jeune que moi. La semaine dernière, j'ai montré aux gamins que je garde comment jouer aux Lego virtuellement :
il existe un programme avec lequel tu peux construire n'importe quoi en Lego. Bref, après avoir bidouillé tout ça, il suffit de l'enregistrer pour le modifier ultérieurement et là, le petit me demande : "Comment on enregistre ?" Machinalement, je lui dis de cliquer sur la disquette et lui de me répondre : "C'est quoi une disquette ?" Oh merde alors... C'est vrai que ça commence à dater tout ça : la fonction "Save" est vraiment le dernier endroit où le mot "disquette" est encore utilisé. Depuis le temps qu'on s'en sert plus, on aurait pu trouver un symbole plus générique pour cette fonction. Comme quoi, on peut être à la pointe de la technologie et tendre vers un archaïsme certain...
Par contre, cette impression émane également de ton propre corps. Depuis quelques mois, je sens que mon métabolisme évolue. En effet, alors que depuis plus de 23 années, mon sommeil était une chose sacrée que même le téléphone ou la
sonnette ne pouvaient troubler, voilà que mon corps réclame que, vers le milieu de la nuit, j'aille aux chiottes... Là, ça devient grave non ?
Comme mon corps s'y met, mon esprit n'a pas tardé à le suivre. Depuis le début de l'année, je mets des chemises. Je sais pas ce que ça signifie pour vous, mais c'est un grand changement pour moi qui ai plus de T-shirts que de pulls, de pantalons et de caleçons réunis, d'autant que maintenant, les chemises que je porte, elles sont repassées, bordel ! De la même manière, mon corps comprenant que je grandis, j'ai eu le réflexe hier soir, en préparant mes affaires pour un petit trip en Italie, de prendre de la crème solaire. Heureusement que mon esprit pratique ait été plus fort que mon instinct de protection, du coup, j'ai bazardé cette p***** de crème...
Publicité à outrance
Alors que l'hiver tarde encore à évacuer les lieux, il est temps de constater que la saison fraîche a été plutôt pas mal, la nature nous a gâtés en somme. Résultat : de nombreuses sessions ski avec pas mal de gens, bref de bons moments comme on a appris à les aimer au vu de leur fugacité.
Cependant, au cours de ces chouettes après-midi glisse, un phénomène dont je ne soupçonnais pas l'ampleur m'a sauté aux yeux... C'est quoi cette manie de se planter une caméra sur la tronche et de tout filmer comme ça, sans cadrer, à la manière d'une webcam autoroutière ?? Nan mais sérieusement, autant l'an dernier, on en a vu quelques unes, autant cette année, tu pouvais pas faire une piste sans voir un guignol déguisé en photomaton. Alors oui, je veux bien quand tu fais du freeride et tu te fais des sommets de déglingos, là oui je conçois qu'une GoPro puisse avoir un intérêt. Derrière le simple acte de filmer, y'a le cadre où t'évolues, l'attitude que tu adoptes, le ski que tu pratiques. Bref, si t'es un rider pro et que tu tapes des trucs de fou furieux, rapporter les images à la maison peut avoir un intérêt...
Autre cas de figure où un tel gadget peut s'avérer
utile, c'est quand ton fiston ou ta fistonne monte pour la première fois sur des skis et s'apprète à avoir ses premières expériences de glisse. Autant profiter des évolutions technologiques pour rapporter un souvenir qui fera marrer tout le monde de retour à la maison et peut-être en faire un film à garder pour les vieux jours...
Mais là où c'est insupportable, c'est quand le porteur d'un tel objet se situe entre les deux, entre le freestyler et le piou-piou en combi Babar, c'est-à-dire les 90% des utilisateurs. Dans ce cas-là, c'est juste pour se la raconter et faire saliver (!) les potes au retour de la journée en disant : "alors on a commencé par une verte, puis on s'est attaqué à une bleue avec des virages.. Là, on a mangé une crêpe, puis requinqué, on a fait une rouge en chasse-neige. Et là, c'est une noire, mais vue du télésiège !" Bref, un gadget de plus pour tous les kakous qui conçoivent la montagne comme une marchandise qu'il faut mettre en avant avec des produits inutiles.
Après le summum, c'est de balancer ces clips vidéos sur les réseaux "sociaux" pour dire à tout le monde : "Eh z'avez vu, j'ai raqué 300 boules et je me payé une semaine de ski à Bidule-en-altitude !" Bref, encore une manie de blaireau qui mène une vie tellement insipide qu'il tente de vivre des nouvelles expériences au travers d'objets divers et variés. Cette manie de rendre public tout et surtout n'importe quoi, c'est vraiment devenu un argument de vente, à tel point que les concepteurs de la nouvelle Playstation se sont sentis obligés de rajouter un bouton sur la manette pour publier directement des données de jeu sur les réseaux "sociaux"...
Après, les "Ludo aime Chasse-à-la-truite.com" et "Jenny a acheté un sèche-cheveux Calor sur laredoute.com", vous aurez bientôt les "Bernard a gagné au Solitaire" ou les "GG Josiane à Counter Strike"...
De qui on s'fout, bordel ?
Chose rare s'il en est une, ce matin, alors que nous étions dimanche et qu'il pleuvait, je suis allé chercher une baguette de pain. Quoi de plus normal, me direz-vous... Nous sommes en France après tout. Mais ce qui est moins normal, c'était le prix de cette baguette : un euro, un euro tout rond. Tu vois, à l'époque, les coquins de commerçants se cassaient la tête pour faire des prix pas ronds, histoire de laisser une lueur d'espoir. Tu te disais : "Tiens ce livre coûte 5.99 euros. Ca fait même pas 6 euros. Allez hop, soyons fou !" Mais maintenant, les vendeurs s'en tapent et arrondissent tout au-dessus, histoire de s'en mettre plein les fouilles. La grande classe en somme ...
Autre joyeuseté que le consommateur novice découvre avec stupeur : le prix au kilo. Ca, c'est devenu mon nouveau passe-temps au supermarché. Je cherche le produit le plus cher au kilo en me disant que de toute façon je n'en aurais jamais besoin. Même si la compétition est assez bidouillée avec le safran et les épices du bout du monde, y'a quand même de quoi se marrer ! Ainsi, si toi aussi tu as du temps à perdre en faisant les courses, cherche ce fameux produit et découvre que dans la jardinière de ton balcon arrosée par la serpillère de ton voisin du dessus, tu possèdes un trésor :
des herbes aromatiques. Quand tu vois le prix de vente au kilo à S***** Market, tu te dis que ça vaut peut-être le coup d'avoir la main verte de temps en temps...
Là où c'est pas mal aussi, c'est avec les spams... Cette année, pris d'un violent coup de flemme, j'ai décidé de faire mes cadeaux de Noël par internet. L'idée en soi était pas mal, bref. Sauf que pour avoir accès à ces sites, il faut faire un compte avec des identifiants et tout le tremblement. Alors hop, vas-y que je te balance mes infos bancaires sur des sites aux noms tout aussi tordus que la tronche des produits qu'ils fourguent. Et en 2 coups de cuillères à pot, voilà ma boîte mail pleine d'offres publicitaires alléchantes. Evidemment, mû par mon légendaire esprit de curiosité, j'ouvre ces missives à visées commerciales pour tomber sur de subtiles promotions surfant sur l'ignorance du consommateur. En effet, les petites gommettes qu'on rajoute souvent sur les produits pour signifier des baisses de prix sont remployées numériquement pour signifier des offres "privilège", mais en y regardant de plus près, on constate que la promo est mensongère... Ahahah subterfuge démasqué !
Enfin le meilleur pour la fin : les promos "Ventes flash". Ce procédé de vente joue sur la fugacité et la quantité limitée de produits pour appâter le client. Prenez le technique du spam et le procédé de la vente flash, mélangez et vous obtenez les spams en retard. L'entreprise te propose une super promo avec petits caractères, sauf qu'il est déjà trop tard pour souscrire sous ces conditions de vente. Le novice, trop content d'avoir flairé le bon filon, s'engouffre dans la brêche et s'abonne jusqu'à ce qu'il capte qu'il s'est fait avoir bêtement...
C'était le stade 1 de la consommation. En avant pour une nouvelle manche ...
Survivalistes de tous les pays, préparez-vous !
Mes amis, l'heure est grave...
Les avis divergent mais les signes ne trompent pas : la fin du monde c'est pour bientôt. Nan mais sérieux, y'en a pour tout le monde. Alors oui, les Mayas se sont plantés de jour, mais après tout ils ont fait ce qu'ils ont pu. Faut pas oublier qu'ils ont essayer d'imiter les pyramides égyptiennes... J'avoue, ils nous ont livré un truc qui y ressemble vaguement, mais vas-y toi, trouve de la caillasse en masse en pleine jungle.
Oui, pendant longtemps, la théorie de la fin du monde, c'était un truc pour les malades. Une estimation sur les étoiles et la lune qui aboutit à un créneau large variant sur plusieurs années, bref un travail à la louche...
Faut dire que les signes avant-coureur sont allés dans ce sens. 2012 a vraiment été une année tout pourrie : le Japon et la Chine se sont cassés les d
ents avec des séismes en-veux-tu-en-voilà ! ; l'Indonésie a eu droit à une petite éruption voclanique ; l'Europe s'est sérieusement caillé les miches en février ; les Etats-Unis, à l'inverse, ont crevé de chaud en juillet ; les Philippines se sont pris une belle rincée avec la mousson, ...
Jusque là, rien de très palpitant, me direz-vous ! Du froid en hiver, du chaud en été, du mouillé dans le Pacifique et du sec en Afrique. Mais par contre, les Ricains ont vu les choses en grand, comme d'hab en fait... Avec Sandy, ils ont pris cher : plus de courant, plus de métro, plus de Bourse. Un peu plus et Will Smith sortait en ville avec son clebs pour défoncer des zombies.
A partir de là, avec cet enchainement de merdes, on a commencé à se dire qu'y'avait peut-être moyen de faire un truc avec les prévisions des Mayas. Du coup, tout le monde s'est bien fait plaisir le 21 décembre "au cas où ..." Impossible que ça se passe comme prévu ... les soldes n'avaient pas commencé.
Mais maintenant, tout se confirme. Notre commandant en chef à nous tous - non pas Hollande - Benoit, numéro 16, casaque jaune avec une grande cravache en bois, s'est pointé comme un charme pour remettre sa lettre de dém ! Nan mais il se croit où lui ? En principe, pour démissionner on va voir son boss, pas ses subalternes...
Bref, il arrête tout, comme ça parce qu'il a plus la pêche.
On le disait ultra conservateur, mais là pour le coup il innove grave. Du jamais vu depuis Grégoire XII va checker sa page Wiki pour te renseigner sur le bonhomme...). Mais derrière ce petit coup de pub se réalise la prophétie de Malachie (non pas "mal à chier", mais Malachie !) : le 112ème pontificat après celui de Céléestin II (1143-44) sera celui du Jugement dernier, or Benoit est le 111ème. Tout ça pour dire que s'il doit se passer quelque chose, ça ne saurait tarder. Maintenant on attend juste que les musulmans, les bouddhistes et tous ceux qui veulent participer nous donnent leurs détails pour qu'on puisse s'entendre pour une date...
A partir de maintenant, je stocke des conserves et de l'eau en bouteille. Je pars de ce pas à la cave me creuser un abri anti-atomique. J'ai commandé un désalinisateur d'eau et un groupe électrogène sur Amazon : j'espère que je les aurai à temps...
Etre, paraitre et transparaitre
L'adage dit : "l'habit ne fait le moine". En effet, c'est pas en revêtant une apparence qu'on devient quelqu'un. Mais l'inverse est également valable : le moine n'a pas besoin d'un habit pour être moine. Non, cet article ne sera pas celui de mon coming-out spirituel, je ne vais pas me retirer du monde. Bien au contraire...
En cotoyant les gens couramment, on se rend compte de qui ils sont vraiment. Ainsi, le premier stade, c'est le "paraitre". Les dicos définissent ça de deux manières : soit publiquement, en s'exposant à la vue de tous, soit plus ou moins travesti, en jouant sur les apparences. C'est bien connu : les apparences sont trompeuses. Et certaines personnes savent en jouer. Ainsi on se rapproche des personnes qui semblent avoir des affinités avec nous. Tout roule jusqu'à ce qu'arrive le deuxième stade, celui de l'"être". Et là, bas les masques !
On comprend que le "paraitre" peut se révéler une bien belle vitrine. "Etre", c'est grosso modo "définir l'état d'un sujet", une sorte de révélation...
Il existe néanmoins un stade alternatif qui peut prendre en place avant le premier stade ou entre les deux stades. "Transparaitre", c'est littéralement "paraitre au travers d'un voile", c'est-à-dire jouer encore plus insidieusement avec les apparences. La personne fait semblant d'être quelque chose, mais elle se sert d'artifice pour faire passer la pilule. Une fois la pilule digérée, la prise de conscience fait d'autant plus mal.
Prenons un exemple qui me tient à coeur : ne pas faire son âge. Au risque d'en décevoir certains, nous ne parlerons pas de la chirurgie esthétique. Non, je parle des artifices mis en oeuvre pour avoir l'air cool tout en essayant de se prendre au sérieux.
Au hasard de mes expériences sociologiques, j'ai rencontré des gars qui cumulent les trois stades. De loin, sapé avec des chemises et un chouette manteau, il lance un message qui dit : "Eh moi je suis un vrai gars, un homme qui sent bon !" Là, nous touchons au stade du "paraitre". Evidemment cette apparence a de quoi flatter les organes visuels, du coup on se rapproche pour le cotoyer de près et voir ce qu'il en est. Et c'est là qu'intervient le deuxième stade : derrière ces apparences de mec, le bonhomme fait celui qui sait encore déconner avec une sonnerie Homer Simpson et, sous sa chemise Celio, des T-shirts d'adolescents. J'admets que cette option est plutôt pas mal : on se donne une apparence virile pour affronter LE monde, puis chez soi, on squatte en caleçon devant les Simpson... Cette option est pas mal si elle définit le stade de l'"être. Par contre, si c'est celle du "transparaître", là ça craint. Y'a carrément tromperie sur la marchandise : un mec trop classe, c'est quelque peu lassant, y'a quelque chose qui répulse, mais si son
téléphone fait retentir le générique des Teletubbies, on se dit qu'il est peut-être vachement posé, mais si en fin de compte, ce gars se passionne pour le jazz lounge et le cinéma de la Nouvelle Vague, j'ai l'impression qu'on se fait enfler sévère...
Evidemment, ce raisonnement peut s'articuler avec tout et n'importe quoi : passer pour un amateur de bananes plantains, passer pour un pilote d'ULM, ...
C'est assez rare un mec chez qui les stades du "paraitre" et de l'"être" concordent à la perfection. A vrai dire, hormis des moines bouddhiste, je vois pas qui peut vivre comme ça. Evidemment, c'est l'idéal, mais après jouer entre le "paraitre" et l'"être", c'est acceptable. Il faut sortir couvert. Par contre, par temps de pluie, mettre 2 K-ways, c'est complètement débile...
Soleil, neige et tartiflette
Quoi de mieux qu'une petite semaine dans les Alpes pour finir une année riche en événements et en entamer une qui promet des surprises ?
Comme à l'accoutumée, nous avons posé nos paquetages et déchaussé nos skis au bord du lac de Montriond, juste sous les Lindarets, Avoriaz et la pointe des Mossettes. Avec une petite troupe de foufous, la semaine promettait d'être festive. Tout a commencé dimanche matin par une p'tite douche de lutin. A partir de là, on a eu au programme 5 sessions
de ski avec un peu de soleil et un peu de neige fraiche par ci, par là. Pas trop gourmands et plutôt malins, ça nous a suffi, on a pu se régaler dans nos recoins favoris avec à chaque fois une ambiance différente : plutôt froide et venteuse sur Mossettes et sur les Intrets ; plutôt douce et calme au bas des Prodains ; plutôt reculée dans la forêt vers les Lindarets et Chaux fleurie ; plutôt chaude et ensoleillée à Ploclou...
Avec un tel programme à boucler en 5 jours, il a fallu instaurer une certaine cadence qui, du coup, nous a fait écrémer le groupe, certains éléments ayant été lachés dès dimanche midi.
Ce rythme a très certainement détourné quelques-uns de leur passe-temps habituel : la déconnade. On a donc dû attendre les derniers jours pour voir ressurgir le côté obscur du skieur. Tandis que les derniers jours de 2012 nous ont permis de reprendre nos marques, 2013 a commencé sur des chapeaux de roues. Le 1er de l'An, après une nuit courte et arrosée de moult rasades de divers liqueurs, le domaine nous a ouvert ses portes, le commun des mortels étant encore sous la couette en train de cuver le cru 2012...
Puis, ceux
qui s'étaient assoupi sur leurs lauriers de la bienséance les ont balayé d'un revers de la main pour entrer de plain-pied dans 2013. Julien, Jean et Tobias ont ainsi expérimenté la fameuse "technique du saumon" dans un des rares espaces encore vierges de la station avant de transformer un snow en luge triplace. J'en vois déjà certains les qualifier de nullards, mais ils répondaient à une critique : on leur reprochait leur trop grand sérieux.
Cette critique émanant du groupe, la réplique ne se fit guère attendre puisque le lendemain, après une matinée de folie, Jean et Julien se sont lancés dans une nouvelle expérience hors-piste : rejoindre la navette par-delà la forêt, la nuit, le froid et la falaise. Autant dire qu'il y avait du niveau... Un tel niveau qu'il a fallu un hélico et des sauveteurs pour les sortir de leur défi foufou. Mais plus de peur que de mal au final : ils ont même eu droit à une bonne platée de bolognaises à leur retour...
2013, une année qui pèse
Même si l'adage dit qu' "une fois n'est pas coutume", il semble qu'il est grand temps de raviver dans ces pages ce qui était devenu une tradition sur linus555. En effet, c'est à cette époque de l'année que je tentais de redoubler d'ingéniosité pour trouver les bon mots à l'occasion de la nouvelle année.
Ainsi donc, l'an dernier à cette même date, un article un brin nostalgique faisait la comparaison entre la fin de l'année et la fin d'un livre, mais c'était sans penser que l'année qui s'ouvrait allait être riche en rebondissements. C'est vrai que 2012, faute d'avoir vu surgir la fin du monde, a été une année butoir pour moi, comme en témoigne par exemple ma rupture d'avec Skyblog qui me proposait pourtant des rencontres excitantes avec "Plan caaam" et "Chat live"...
En six mois de présence ici-bas, j'ai l'impression que le style a changé, que mes articles sont un peu plus fouillés sans pour autant dénaturer l'esprit qui était celui de linus555, à la fois pertinent et impertinent. Si 2012 a été l'année du changement, il n'appartient qu'à nous que 2013 soit celle de la consécration afin d'entériner toutes les nouveautés survenues ces derniers mois.
Une autre tradition veut aussi que la nouvelle année serve de prétexte pour prendre de bonnes résolutions. Après avoir mûrement réfléchi, j'ai décidé de mettre un terme à toutes les habitudes stupides et inutiles qui ponctuent ma vie, à commencer par le réflexe quasi machinal de tousser dans les toilettes publiques pour masquer le plouf d'une crotte qu'on sait gigantesque ; par la manie de secouer la canette de coca pour récupérer les ultimes gouttes de soda ; ou par le "truc" qui consiste à inverser les piles de la télécommande espérant qu'un pôle consomme plus que l'autre.
En attendant des résultats, toute l'équipe d'adsum te souhaite de passer une excellente année 2013 ; de passer de gros moments de poilade ; de ne faire aucun compromis ; et surtout de voir les choses en grand...
Infantilisants et culpabilisants
Hier après-midi, j'ai eu la brillante idée de faire un saut au marché de Noël. Eh oui parfois on fait des choses débiles comme se pointer à vélo au centre-ville de Strasbourg une semaine avant Noël. Un vrai traquenard : je me suis retrouvé en Chine avec un milliard de touristes ...
Dans tout ce chambardement, j'ai réussi à m'emparer d'un vin chaud (vendu excessivement cher pour ce que c'est ...). Et là une chose m'a frappé : le gobelet (en carton biodégradable bien entendu) portait la mention "Caution : Hot contents". Sur le coup, je me suis senti vachement rassuré. Un gros malin a eu la judicieuse idée d'affubler tous les putain de gobelets Made in China de cet avertissement.
Après coup, je me suis demandé si on nous prenait pas un peu pour des cons. C'est vrai, en hiver, on te prévient que les gobelets de vin chaud contiennent un produit ... chaud ; en été, on te recommande de boire de l'eau fraiche et de brancher la clim. A croire qu'une section a été créée dans chaque entreprise, section intitulée "Assistance aux demeurés" et composée de tous les champions du monde de tortillage de cul.
Le plus marrant, c'est que ces conseils infantilisants, on commence à te les prodiguer dès que t'es gamin. Allume une fois Gulli ou Piwi+, attends la page de pub et constate... A chaque spot de produits alimentaires, le jingle te balance un "Pour ta santé, évite de manger trop gras, trop salé, trop sucré !". Le gamin, il a quatre ans : c'est pas lui qui va raler chez sa mère qui lui cuisine des frites en lui disant "Maman, je veux manger des choux de Bruxelles"... Mais le pire, c'est quand ces mêmes spots jouent la carte de l'hypocrisie en incitant les piou-pious à aller faire de l'exercice pour ne pas devenir obèse. Alors si déjà on veut être utile, il suffit d'arrêter
de donner des conseils bidons et de couper les programmes ô combien instructifs entre 14 et 17h comme ça les gamins n'auront pas de "scrupules" à éteindre le poste pour aller se poiler dans le jardin.
Parce qu'en fait, il s'agit bien de scrupules. Souvent, en mangeant des chips affalés dans mon canapé devant la télé, je tombe sur un de ces spots. Du tac au tac, je me sens mal, j'ai l'impression que quelqu'un m'observe et commande ce spot juste pour me faire culpabiliser. Alors, gentiment, je jette mes chips aux chiottes et part chercher une courgette que je dévore goulûment en lisant un chouette magazine de jardinage.
Après je trouve que j'ai une hygiène de vie assez saine. J'imagine l'enfer que doit vivre un gars qui a une "surcharge pondérale", qui fume des clopes, qui joue au poker en ligne et qui a balancé un prospectus par la fenêtre de sa voiture. Moi, je pourrais pas vivre avec sur ma conscience le poids des "Manger gras donne du cholestérol", des "Fumer tue", des "Jouer avec excès peut comporter des dangers" et des "Ne pas jeter sur la voie publique"...
Je serais d'ailleurs assez partant pour qu'on imprime sur les trognons de pomme et les pelures de clémentines un petit logo "Bonhomme_Poubelle. Ca irait avec les pastèques cubiques des Japonais...

