La suite ... en mieux

20 août 2014

Prendre de l'altitude

DSCN8278Le poète contemporain Grand Corps Malade est arrivé sur le devant de la scène en proclamant que la vie en général - et pour les besoins de sa chanson, les histoires d'amour - c'était comme les voyages en train. Oui pourquoi pas ? Mais avouez que ce serait quand même plus divertissant si c'était comme les voyages en avion.

Après, cet avis n'engage que moi. Eh oui, parce que les voyages en avion ne laissent pas grand-monde indifférent. Si de nombreuses personnes et encore plus ces dernières semaines flippent à l'idée de monter dans ces amas de feraille et de s'envoyer en l'air à plus de 10.000 mètres, d'autres ressentent un enthousiasme qu'elles ont parfois de mal à dissimuler. En mon âme et conscience, je crois que je fais partie de la deuxième catégorie. C'est vrai, mon quotidien estudiantin ne m'offre que peu d'occasions de m'envoyer en l'air. Toutefois, en la jouant finement et en faisant quelques concessions, j'arrive à trouver le bon plan pour prendre l'avion. Ainsi, mon job d'été m'offre l'opportunité de prendre l'avion et ce, sans le payer. D'une manière générale, c'est toujours mieux quand c'est gratuit... Alors oui, la semaine dernière j'ai pris l'avion ... pour des raisons professionnelles. Sans mentir, c'est ce que j'ai dit à l'employée du ministère du tourisme espagnol qui est venue à ma rencontre à l'aéroport de Séville. Je prononce rarement cette phrase : faut dire que mes différents jobs étudiants ne m'ont permis jusque là que de la prononcer à propos de ma dextérité au diabolo et de mon DSCN7881assiduité aux cantines scolaires... Alors quand j'ai pu la placer face à une sondeuse, j'ai soudain pris une dizaine d'années dans les dents, comme si j'étais un représentant à la George Clonney dans Up in the air !

Du coup, la fréquentation des milieux aéroportuaires n'a plus vraiment de secret au vu de mes ... En fait si, y'a encore plein de trucs qui m'interpellent... Avant de prendre l'avion, au moment de passer le portique, on te demande d'enlever ta ceinture ; puis, une fois dans l'avion, on te demande de la boucler. C'est assez contradictoire. Même constat avec les liquides : depuis une décennie, la grande menace plane (ohoo jeu de mots involontaire !) sur les aéroports. Alors en conséquence, les liquides sont bannis des avions, hormis ces chères bouteilles des Duty Free. Du coup, on m'a confisqué ma crème solaire au départ de Strasbourg. J'ai eu envie de leur dire : "c'est bon, je vous la laisse !", mais quand j'ai vu le temps qui faisait dehors, je regrettais de ne pas mettre fait piquer mes moufles... Autre chose que je ne m'explique pas : pourquoi applaudir à l'arrivée ? Est-ce qu'on applaudit le boulanger en achetant un croissant ? Soit disant, c'est parce que le pilote a fait son job correctement. Heuresement, je dirais. De toute façon, les pilotes, depuis le cockpit, ils n'entendent pas les clap-clap...

DSCN8256Depuis que je suis tout petit, je suis super excité au moment de prendre l'avion. J'ai toujours pris mon pied au décollage, juste au moment où le dernier train d'atterrissage quitte le sol, la fraction de seconde où tu réalises que c'est bon, tu voles... C'est tout de même assez grisant comme sensation. En fait, d'aussi loin dont je me souviens, j'ai toujours aimé fréquenter les aéroports. Mais il y a quelques jours, quand j'ai subi les désagréments d'un vol annulé, j'ai compris qu'en fait, c'était quand même mieux avec une machine bien huilée. Tu ressens une telle frustration quand t'es à la porte d'embarquement, c'est-à-dire à la dernière ligne droite avant l'avion, on te dit qu'il va falloir attendre une heure, puis deux heures, puis une nuit avant de pouvoir quitter cet univers à la fois faussement chaleureux et tout à fait impersonnel. Le pire est de voir partir tous les avions, tous sauf le tien.

Toujours est-il que cette mésaventure ne m'a pas dégouté de l'avion. Grimper au-dessus des nuages et découvrir le monde sous un autre angle sont toujours des expériences aussi plaisantes !

Posté par frenchphil à 20:52 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


29 juillet 2014

Librement inspiré...

Keep Calm and CarillonneAu cours des derniers mois, je me suis un peu baladé, j'ai visité des musées, déambulé dans des villes, fréquenté des boutiques. Au cours de ces pérégrinations, une chose m'a frappé : la grande originalité des slogans et autres marques publicitaires. Nan mais c'est vrai, il existe environ des millions des mots permettant d'exprimer une idée ou de composer une phrase-type, mais on retrouve toujours les mêmes. Cette pratique ne date pas d'hier : souvenez-vous quand vous étiez au collège, on avait tous un gars dans la classe qui avait un T-shirt FBI avec écrit en-dessous le très parlant "Fou, bête et idiot" ou pire, le très beauf "Female body inspector". Ces T-shirts n'ont pas encore totalement disparus, je lance d'ailleurs un appel pour qu'on les foute au feu une bonne fois pour toutes, ça ne peut plus durer...

Alors qu'on pourrait croire que cette mode n'avait pas survécu au tournant du XXIe siècle, il faut se rendre à l'évidence : les slogans ont changé, mais on continue de tourner en rond. Prenons l'exemple très à la mode du "keep calm and des-chevaux-et-des-hommes-240carry on" : cette affiche, apparue pendant la Seconde Guerre mondiale, est revenue sur le devant de la scène les derniers mois et hop, tout le monde a repris ce slogan en changeant la deuxième partie de la phrase. Là, c'est l'avalanche : eat a cookie, go shopping, follow Jesus, love horses, call Batman, ... Bref, je pense qu'on a compris que les créateurs de ces immondices ont été très inspirés. Il y a quelques jours, en profitant de mes vacances dans le Midi, je suis allé passer une journée en bord en mer. J'ai posé ma serviette dans la ville de Carry-le-Rouet, à côté de Marseille. Et là, en regardant passer les nuages pendant la sieste, j'ai eu l'idée de créer un T-shirt très original, intitulé "Keep calm and Carry-le-Rouet". Comme je ne possède pas les machines pour, j'invite l'industriel passant par là à me contacter pour qu'on fasse du biz ensemble...

Autre mode insupportable : celle qui a suivi le succès du film "Des hommes et des dieux". Ce succès date un peu, mais continue d'irriguer le monde des médias avec des répercussions jusque sur la table au moment du repas de famille... Après le carton de ce film, tous les créateurs de slogans ont eu une même idée : miser sur la dualité du titre en mettant en relation "des hommes" et un autre truc lambda. Là aussi, ça a pété dans tous les sens ! "Des hommes et des arbres" pour sauver la forêt tout en vendant des charpentes, "des hommes et des traditions" pour faire vivre le tourisme en Bourgogne, magritte-ceci-n-est-pas-un-livre-de-coloriageetc. Certains petits malins ont essayé de nous la faire à l'envers avec un reportage sur "des abeilles et des hommes", avec une association "des animaux et des hommes", mais on n'est pas dupes, loin de là. Je disais, une mode qui nous suit même à table. L'autre jour, je débouche une bouteille de vin et hop, sur le bouchon "des hommes et une passion". Raaa, c'est pas possible. Autant les initiatives sont louables, autant leurs slogans sont périmés depuis longtemps...

Là où le fond du fond est atteint, c'est dans les boutiques dites culturelles. Au printemps, au cours d'un week-end à Bruxelles, j'ai eu l'occasion d'aller au musée Magritte, enfin plutôt à la boutique du musée, histoire de "faire genre"... J'ai toujours bien aimé les boutiques des musées : on arrive à te vendre des trucs tellement éloignés du sujet du musée que tu les achètes pour les remercier d'avoir cherché si loin. En l'occurrence, cette boutique recelait d'un stock de livres sur Magritte. Si certains avaient vraiment l'air intéressant, la plupart étaient affublés d'un piètre titre, comme "Ceci est Magritte", un hors-série de Beaux-Arts magazine, ce qui n'est pas rien... Sur cet étalage, ma palme est revenu au livre de coloriage ! Le pauvre Magritte doit se retourner dans sa tombe...

Posté par frenchphil à 15:02 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

08 mai 2014

La culture, pourquoi faire ?

Toutes les personnes que tu croises quotidiennement peuvent être rangées en trois catégories : y'a ceux à qui t'aimerais ressembler, y'a ceux qui t'en touchent une sans faire bouger l'autre - à vrai dire, la grande majorité - et y'a ceux à qui tu ne voudrais surtout pas ressembler. Ce classement est très subjectif et c'est assez normal finalement.

emmanuel-kantCe billet n'est pas destiné à faire la liste des gens à qui j'aimerais ressembler : ça n'a pas trop de sens et puis, j'ai plus 15 ans en fait... Non, je préfèrerai revenir sur une des composantes de la troisième catégorie : ceux que j'appelle "les obtus". Notez, pour la bonne compréhension de ce qui va suivre, que les obtus peuvent être des connards aigus ! L'un n'empêche pas l'autre...

La plupart du temps, les obtus sont, se savent ou s'imaginent brillants dans un domaine spécifique et en vertu de ça, pensent que leur domaine résume ce qu'il faut savoir, le reste n'étant que du détail auquel il n'est pas nécessaire de s'intéresser, sous peine de se cultiver... Ainsi, en maîtrisant la somme de connaissances liée à cette thémtique, l'obtu pense avoir fait le tour de question et ne voit donc pas l'intérêt de voir au-delà du bout de son nez, préférant cultiver son savoir dans son coin.

On touche là à une des grandes différences entre les scientifiques actuels et les érudits des siècles précédents. De nos jours, rares sont les gars calés sur la géohistoire du continent asiatique, capables de comprendre la composition d'une molécule quelconque, habiles à débiter une souche de chène centenaire et en même temps aptes à cuisiner un filet mignon Rossini. Eh oui, parce que dans la vie, on est parfois obligé de se servir de ses mains et de sa tête...Moyennedanseuse-sinusoidale

Bon, peut-être que mon point de vue est orienté (après tout, c'est mon blog...), mais les derniers obtus que j'ai rencontrés pouvaient rentrer dans le club des "obtus de sciences dures". A mon sens, c'est peut-être les pires. Tu sais, c'est tous ceux qui, au lycée, ont fait S parce qu'en L, on sert à rien et en ES, c'est pour ceux qui ont pas d'avis, d'où l'appellation "En Suspens". A vérifier... C'est le genre de gars qui, sous prétexte d'être balaise en maths (chose qu'on peut leur concéder), estime que le français, les sciences humaines et surtout la philo ne servent à rien. Parce que, "vu son niveau d'étude", on ferait mieux de supprimer ces matières inutiles pour mettre le paquet dans les disciplines scientifiques. Alors que les branleur de L et surtout l'indécis d'ES ont le droit de se coltiner toutes les matières, après tout, il fallait choisir. Eh ben, c'est ce gars que tu retrouves bien des années plus tard et qui a du mal à faire une phrase en français, j'entends, sans symboles mathématiques, ce qui ne l'empêche pas de proclamer des locutions latines telles que le très joli "Alea ejaculata est" qui symbolise l'esprit fertile de ces gens-là...

5859248-cedric-villani-l-anglais-a-l-universite-est-une-necessiteLes obtus ont ceci de formidable : ils ne se remettent que rarement en question, persuadés d'avoir raison. Cette obstination donne des générations de tronches très forts dans ce qu'ils font, mais tellement vides en termes de culture et perpétue une sorte de hiérarchie des savoirs, hiérarchie somme toute très conne consacrant l'usage de sa tête plutôt que celui de ses mains. Du coup, moins tu te sers de tes mains, plus tu grimpes dans le classement des obtus ! Mais, qu'on se rassure, plus tu grimpes dans le classement, plus tu risques d'être un blaireau.

 

Finalement, je préfère être une brèle en maths plutôt que de ressembler à ce bon vieux Cédric Villani qui aime se surnommer la Lady Gaga des maths, preuve qu'on peut être une pointure en maths et avoir des références de merde...

Posté par frenchphil à 17:39 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

14 mars 2014

JEHOVAH : Scrabble ! 73 points...

coolchristqa6Ca y est, c'est (presque) le printemps ; les oiseaux reviennent, mais ce ne sont pas les seuls à être de retour. Non, en regardant bien, tu peux repérer des personnes qui sortent du lot.

Alors que dès le mercure remonte au-dessus d'une quinzaine de degrés, les gens normalement constitués tombent les pulls en laine et les futals en velours, certains individus persistent à garder leurs sapes d'hiver. Pire, alors que, la chaleur venant, le commun des mortels cherche les endroits pépères à l'ombre, certains individus s'ingénuent à se planter au milieu des places publiques en plein cagnard...

Les plus malins d'entre vous ont reconnus ceux qui vont être au coeur de cet article : les témoins de Jéhovah et autres prosélytes de toutes sortes ! Oh on a tous une petite histoire à propos de ces gens-là : comment on les a remballé une fois, comment on s'est avoir une autre fois, ... Bref, c'est un des sujets qui fait toujours bien marrer quand t'en parles avec tes potes, sauf si évidemment tu comptes dans ton entourage un de ces gars-là.Block17799!_!Les_temoins_de_Jehovah

La plupart du temps, ce genre de personnes se fait vite remarquer. Même si on peut pas dire qu'ils ont un costume, sauf pour certains spécimens, leur style vestimentaire ne laisse pas indifférent. Par exemple, hier soir, j'en ai croisé deux. Je ne sais pas de quelle église ils se revendiquaient, mais tu les repères à 2 kilomètres : attends, un couple, généralement un homme et une femme, qui distribue des tracts imprimés à l'arrache et trimballe un panneau agrémenté de photos louches, ça se repère de loin.

Mais vu que leur mouvement, aussi obscur et obscurantiste soit-il, réside sur un recrutement plus ou moins fallacieux, ils sont un peu obligés de mettre le paquet pour dégoter des appâts. Le problème, c'est que leur vitrine n'attire pas les foules. Déjà qu'en ville, les passants sont moyennement chauds pour se laisser alpaguer par n’importe qui, alors rajoute à cette habitude, des "alpagueurs" moches, mal habillés et intéressés à te fourguer de la merde en barre, le résultat s'annonce guère glorieux...

3cd71c27D'autant que la came que des groupes comme les Témoins de Jéhovah proposent n'a rien de fantastique, prenons l'exemple de ces marioles parce que c'est la plus grande secte de France et ce sont ceux qu'on connait du coup le mieux : alors eux refusent toutes sortes de pratiques jugées déviantes par leur chaman ou leur gourou, peu importe l’intitulé du boss de fin. Parmi ces déviances, on trouve bien sûr tout ce qui a rapport au cul comme l'adultère ou la zoophilie. Pas étonnant que des gens aussi allumés dans leur tête soient aussi éteints dans leur caleçon : c’est le principe des vases communiquants, dirons-nous... Mais ça va même plus loin : ils rejettent les jeux d'argent, l'ivrognerie et même les sports extrêmes, c’est complétement dingue puisque leur doctrine reposent sur ces pratiques. Si financer une telle organisation dans le but d'obtenir une vie après la mort n'est pas un jeu d'argent, là je comprends plus rien. Et survivre en col roulé place de la Rép’ en plein mois d'août sans boire une goutte d’eau, ça ressemble pas à un sport extrême ?

Autre moyen de les capter, c’est par le nom de leur groupe, lobby, association, club. Là y'a vraiment moyen de se marrer. Selon la liste officielle, y’en a des corsés… Y’en a qui restent classiques avec des noms un peu foufous, mais somme toute basiques comme l’« Eglise universelle de Dieu » qui passerait presque pour normale sous cette appellation ou alors les « Eglises du Christ international » après que Jésus ait réussi son bachelor en commerce international… Avec un nom chantant un peu chrétien ou du moins christique, ces sectes tentent l’option tranquillité en se faisant passer pour une petite assoc’ spirituelle, d’où peut-être un piège… Mais d’autres sont réellement innovants pour faire mouche auprès de tous les instables du monde entier. On trouve ainsi les « Chevaliers du Lotus d'or » qui rappellent un peu une BD de Tintin, tout en restant assez soft. Dans le même genre, on s’attend à retrouver Esteban et Zia à la tête du « Club prélude à l'Age d'or ». Mais à mon avis, la palme de revient à la « Société internationale de trilogie analytique » qui doit rassembler tous les profs de maths en perte de repères, orthonormés ou non…

Posté par frenchphil à 09:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

24 janvier 2014

Pauvre comme Jobs, mon cul oui !

notutile-blog-design-geek-steeve-jobs-thx-steeve-autreIl y a 30 ans jour pour jour sortait le Macintosh qui allait devenir un objet culte et fonder l'image de marque d'Apple, vous savez cette coopérative fruitière dont Forrest Gump est devenu actionnaire après avoir pêché toutes les crevettes dans le coin de Greenbow, Alabama... A l'époque, le produit était révolutionnaire : là, tous les crétins d'Applemaniacs vont me dire que ça l'est encore... A l'époque, ça l'était, sans aucun doute. J'en veux pour preuve le clip publicitaire pondu par le déjà très prometteur Ridley Scott. Vous vous en souvenez peut-être : c'était le clip assez dingue où une nana courait parmi des lobotomisés avant de faire du lancer de marteau mais avec un vrai marteau... Bref, tout ça pour dire qu' à l'époque, le produit a fait l'effet d'une bombe, la marque à la Pomme a gagné son pari.

ConformismeMais alors que dans la première décennie, la marque était un peu l'apanage des originaux de San Francisco, de tout le milieu de la contre-culture qui luttait contre le Système, elle a depuis retourné sa veste pour devenir le fer de lance de ce même Système dont elle devait sonner le glas. Le problème rappelle le mouton de Panurge de Rabelais : au départ, il est indéniable que le produit est de qualité, comme le fameux mouton, du coup ça tente plusieurs personnes et ainsi de suite, de fil en aiguille, pour faire "comme tout le monde" on achète ledit produit en se disant que c'est un truc super original. Sauf que ce qui était novateur par sa rareté va perdre de son charme en se multipliant. Ainsi, suivant les lois du marché, ce qui est prisé voit son prix augmenter : c'est mathématique vu que le projet a l'époque était de s'en mettre plein les fouilles et de sortir de ce putain de garage...

C'est bien là le problème de l'anticonformisme : tous les objets qui ont été conçus pour aller à l'encontre du Système finissent par rentrer dans les rangs. Imaginons un instant que le conformisme et l'anticonformisme sont sur une règle, le premier à droite et le second à gauche et ben, c'est comme pendant la Révolution, on se fait toujours doubler par quelqu'un de plus à gauche que soi. On a beau trouver un petit truc plus original pour se décaler vers la gauche, y'aura toujours quelqu'un qui aura une idée en plus pour aller plus loin. Du coup, celui qui passait pour un fou à l'époque finit par être considéré non pas comme tout le monde, mais comme un génie. De la même manière, celui qui - comme Jobs - voulait défier le Système ou du moins le contredire se retrouve au sommet de celui-ci.

Ce genre de phénomène se rerpoduit avec tout. Je me souviens au collège d'un gars qui faisait des dessins de tout et tout le temps, juste pour exprimer son ressenti et aussi passer le temps. Les autres le prenaient pour un taré, le taxant d'autiste, incapable de faire passer ses sentiments par des mots. C'était assez fou, d'autant qu'il avait un sacré coup de crayon (au sens premier du terme !). Maintenant, avec cette merde de Bitstrip, n'importe quel péquenot peut réussir à pondre un "dessin" pour dire ce qui lui passe par la tête, c'est-à-dire souvent du vent.
Cet article n'est pas une tribune contre l'anticonformisme. Loin de moi l'idée de prôner un monde uniforme où on serait tous des êtres lobotomisés comme dans le clip de Ridley Scott... On essaie tous de se démarquer pour se forger une identité propre, mais ce processus d'égotisation ne doit pas se fonder sur une course à l'originalité au risque de voir l'anticonformisme devenir très conformiste...

Posté par frenchphil à 14:59 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,



21 décembre 2013

Survivre pendant les repas de famille

A l'heure où le marathon culinaire des fêtes de fin d'année va commencer (ou a commencé, pour les affairedreyfusplus chanceux), toute la rédaction d'Adsum a décidé de te filer un coup de main pour surmonter cette épreuve qu'on appelle communément "fête de famille".En fait, cet article part du constat que, dans environ 88% des cas (sources Ifop), le diner de famille peut s'avérer chiant entre les sermons de papy Fernand et les prises de tête de la tante Judith... Alors pour que tes repas de famille intègrent les 12% de petits veinards, il faut trouver des sujets de conversation qui mettent tout le monde d'accord, des sujets où les avis peuvent être divergents, sans pour autant qu'on se mette sur la tronche. C'est Noël quand même...

D'une manière générale, il vaut mieux éviter les thèmes à controverses : l'Europe, l'intervention française en Afrique, le non-mariage entre Hollande et Trierweiler, le possible retour potentiellement probable (voire envisageable, pour l'électorat de droite) de N. Sarkozy en politique, ... Bref, si tu veux éviter que la dinde serve à assommer Tonton Louis pour ses propos réac', ne parle pas politique. Même de loin, en évoquant une petite anecdote sur le maire de Peylmargues-sur-Tartoz, parce que, de toute façon, le propos allant crescendo, tu vas retomber sur un ministre ou un chef politique et ce sera foutu. A moins que ce ne soit voulu, histoire d'abréger le repas et de rentrer à la maison pour ne pas rater une enième diffusion de la "Course au jouet" avec Schwartzenegger...

Non, si tu veux que le repas soit un moment chaleureux où chacun a sa place et où tout le monde peut en placer une, il faut trouver des sujets assez vastes, des thèmes que tout le monde maîtrise. Il existe tout un tas de variantes mais y'a des valeurs sûres, donc pourquoi ne pas surfer sur la vague ? Tout le monde (du moins tous les adultes) a une petite histoire sur son permis de conduire, que Prevost-Larose_diner_ca1920ce soit une connerie faite le jour J comme le coup du frein à main ou une incongruïté que le collègue d'un cousin de votre pote de foot a connu, du style passer son permis sans mettre un clignotant. Peu importe que ce soit toi le héros de l'histoire, puisque c'est toi qui la raconte... Après, le monde de la route est super pratique pour les histoires croustillantes, vu qu'on passe environ un million d'heures dans la voiture. Du coup, les histoires de PV, de radars, de feux rouges, c'est du pain béni pour les repas de famille. On a tous déjà grillé un feu, même les piou-pious de 12 ans : en fait, avec ce sujet, on est tous concernés. Impeccable.

Puis, le sujet des vacances et surtout des conneries faites en vacances. On se souvient tous du con qui est sorti en serviette de sa chambre d'hôtel mais sans prendre la carte ou le type qui balance des insanités en français en pensant sur le chauffeur de taxi de Marrakech ne comprend pas. Là, y'a moyen de tenir tout le fromage, voire jusqu'au premier dessert (ouais, on est comme ça nous...). Pour Noël, ce qui marche bien, c'est les aventures qui nous sont arrivés pendant qu'on faisait les courses au supermarché : le gars qui se pointe à la caisse, le chariot plein, mais qui s'est fait chourrer son portefeuille ou le minot de 13 ans qui, pour acheter une boîte de capotes, garde casquette, lunettes et capuche sont les grands classiques. En règle générale, l'histoire un peu honteuse passe mieux quand elle arrive à quelqu'un d'autre, tandis que l'anecdote marrante a d'autant plus d'effet quand elle arrive au conteur... Souviens-toi de ça, très important de jouer sur le rapport héros/conteur !

retraites-SNCFAvec le thème "Supermarché", on peut dériver sur les abus des commerçants en faisant gaffe que personne à table ne fasse partie de cette catégorie : les coups de pute du garagiste, la flemme du facteur, les tarifs exorbitants du tabac, les questions d'hygiène du kebab ou du chinois sont autant de sujets rassembleurs. Celui qui voudra briller en soirée devra se fournir en petites histoires, quitte à en garder une sous la main pour avoir le mot de fin et faire rire la cousine Lucienne qui n'a pas ri depuis Fernand Raynaud (mort en 1973)...

Enfin, le sujet ultime, celui qui est en tête des diners de famille depuis plus de 5 ans : les retraites. Tin-tin-tin, voilà une question qui met tout le monde d'accord, vu qu'on va tous se faire avoir... Le sujet est tellement intéressant de ce point de vue-là qu'il faut choisir le bon moment pour l'introduire : ni trop tôt au risque de ne plus rien avoir à se dire (sauf si on applique les consels ci-dussus), ni trop tard, sinon tout le monde est soit plein comme une oie, soit rond comme une queue de pelle. Savante question que de savoir quand parler des retraites ! Mais sache que si, parmi tes proches, certains bénéficient d'avantages, le sujet pourrait prendre une tournure politique et vous ramenez au point 1 de cet article.

En définitive, le choix des thèmes est déterminant pour tes fêtes de familles, d'autant qu'en la jouant finement, tu peux éviter les questions embarassantes : les copines, les études, l'héritage. Mais il ne faut pas perdre de vue que dans "diners de famille", y'a quand même "famille" dedans, donc faudra tout de même parler un peu des autres, au risque de passer pour un connard narcissique...

Posté par frenchphil à 13:09 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

09 novembre 2013

A livre ouvert

Attention, ceci est un article susceptible de passer pour un pamphlet réactionnaire aux yeux de mon lectorat le plus hype...

970619_514614955298698_155110385_n

C'est assez symptomatique de notre société : y'a un "sondage" qui revient fréquemment dans la presse populaire, c'est "les 3-5-10 objets que vous emporteriez sur une île déserte"... Là, les réponses sont effrayantes de diversité entre ceux qui emportent un masque et un tuba et celles qui prennent de la crême solaire et du mascara. Remarquons d'ailleurs que quand on dit "île déserte", la plupart des personnes pensent "île au soleil" : qui est motivé pour aller faire bronzette sur la Nouvelle-Zemble ?

Bref, dans ce genre de questionnaire, le livre revient rarement, sauf si c'est "Littérature magazine" qui publie les résultats. Dans le meilleur des cas, les gens emportent un baladeur numérique où l'on peut espérer trouver des livres audio... Non là, je parle d'un livre en papier avec des feuilles imprimées dedans, une couverture soigné et un contenu un tant soit peu intelligible... Disons que les mémoires de Kim Kardashian ne comptent pas ! Vous savez le livre, c'est cet objet que certains qualifieront volontiers de ringard, le truc qui sert à faire tenir les bibelots sur les étagères du salon.

Alors oui, c'est vrai que le livre est un vieil objet qui n'a que peu évolué depuis un demi-millénaire, mais bon c'est pas une raison pour le mettre au rebus. Imaginez si un demi-siècle après leur élaboration, les Chinois avaient décidé de démonter leur muraille, si De Vinci avait demandé à ce qu'on bazarde Mona Lisa dans les prochaines années, y'aurait peut-être un petit débat. Après, on va me dire qu'on ne peut pas mettre tous les livres au rang de la Joconde, ce à quoi je répondrai qu'on ne parle pas ici des mémoires de Paris Hilon.

Il y a de ça quelques mois, un matin, j'entends à la radio une émission où Paul Veyne est invité. Là, je me dis que j'en ai de la chance (!), c'est quand même le grand Paul Veyne, un des grandes pointures de l'histoire romaine. Mais qu'elle ne fut pas ma déception quand j'ai réalisé l'ampleur du désastre. L'éminent intellectuel ne venait pas parler de ces travaux, mais de sa passion pour l'histoire de l'art. A cela, rien de dramatique sauf qu'il sape d'un trait tout l'édifice intellectuel qu'il a contribué à ériger par ces publications. En plus de sortir un livre (en papier et avec de l'encre et tout...), il a eu l'idée de pondre une version numérique, destinée à réinventer la lecture de livres d'art. Noooon, le mal est fait, le loup est entré dans la bibliothèque en quelque sorte.

livrenumerique

Sans vouloir contredire M. Veyne (chose que je ne me permettrais pas), ça rime à quoi ? Alors c'est sûr qu'à travers l'interface numérique, l'image ne subit pas l'altération au niveau du détail ou de la couleur et qu'elle permet aussi d'avoir les tableaux en direct sans avoir à courir les plus grands musées avec leurs inconvénients, mais concrètement, ne serait-ce pas un piètre argument de vente, destiné à faire rentrer l'art dans les milieux hypes où la tablettre a désormais remplacé un bon vieux bouquin.

Tu sais, tous ceux qui n'allaient pas au musée parce que c'est "rempli de vieux trucs" ne vont pas subitement acheter le livre électronique pour s'imprégner des plus grandes toiles de l'histoire. La fréquentation des musées a cela de particulier : pour trouver la toile qui va te mettre sur le cul, il faut faire la queue, acheter un billet, marcher dans le musée, regarder les tableaux et repérer le bon. Oh oui, c'est sûr ça fatigue et c'est looong, mais le jeu n'en vaut-il pas la chandelle. Après avoir déambulé dans les Offices de Florence, qu'est-ce qui est le plus mémorable la Naissance de Vénus par Botticelli ou la découverte de toute la peinture de la Renaissance ...?

Livre ou tablette

Alors oui, c'est vrai que la tablette peut avoir des avantages. Sur un même objet, on peut entasser des piles et des piles de livres. C'est un gain de place, indéniablement. L'achat de livres électroniques peut être un gain d'argent substantiel, mais encore heureux quand tu vois le prix de la "bibliothèque" ! En termes d'efficacité de travail, bénéficier de livres dématérialisés fait gagner du temps, les articles en pdf sont super pratiques pour aller à l'essentiel, mais bon dieu que c'est laid à regarder et ennuyeux à lire. A côté d'une tablette froide et impersonnelle, le livre a une odeur caractéristique, une texture bien à lui et parfois des petites imperfections qui font que chaque exemplaire est unique. Il est avant tout un objet : prêtez un livre à un ami, il le lire et vous le rendra ... ou le gardera pour le mettre dans sa bibliothèque ; envoyez-lui un e-book, il le lira et le gardera dans ses documents ... ou le mettra à la corbeille.

En fin de compte, le bouquin est à l'e-book ce que la charpente est au marteau : il est un objet riche et varié plus qu'un outil fonctionnel. Qui de nos jours expose chez lui ses tournevis ?

Posté par frenchphil à 15:46 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

20 octobre 2013

L'Antiquité, c'est pas de l'histoire ancienne...

ARécemment j'ai rencontré une vieille dame que j'apprécie beaucoup autant pour sa personnalité que pour son parcours. Ancienne résistante reconnue et décorée en tant que telle, notre discussion est très vite arrivée sur l'histoire. En tant qu'acteur privilégié de l'histoire locale, elle est tout particulièrement sensible aux événements qu'elle a vécus, voire qu'elle a subis. A cause de ce riche bagage émotionnel, elle prend tout naturellement parti pour que l'enseignement scolaire soit avant tout axé sur les derniers événements historiques qu'a vécu la France : en l'occurrence, la Seconde Guerre mondiale et l'Occupation, terme qui est d'ailleurs assez banal mais qui renvoie directement à ses heures sombres...

Cette réaction qui peut se comprendre face à une personne bientôt centenaire met en lumière le poids de certaines périodes historiques dans le rapport à l'Histoire : des événements particuliers sont tellement forts qu'ils en occultent d'autres. On voit dès lors émerger une sorte de hiérarchisation des thèmes, classement qui se fonde à la fois sur l'influence de certaines associations ou lobbys plus ou moins importants, sur le patrimoine qui est en relation, sur les idées que s'en fait l'opinion publique, ... Si la question des lobbys pesant sur le traitement de l'Histoire est une question éminemment intéressante, elle ne sera pas traitée dans cet article. Néanmoins, le traitement qu'en font les média est assez révélateur quant à la proximité des sujets traités vis-à-vis de l'opinion publique.

En effet, comme dans toutes les familles, il apparait que l'Histoire de France compte des parents pauvres, c'est-à-dire des thèmes mal aimés. Là encore, évoquer les sujets qui ont le vent en poupe et ceux qui apparaissent comme moins intéressants médiatiquement parlant, serait une tâche fastidieuse, mais ô combien instructive, à l'instar des camps de concentration des Espagnols ou des Britanniques pendant leur "occupation" respective à Cuba et en Afrique du Sud au tournant du XXe siècle...

Non, intéressons-nous pour aujourd'hui à la seule catégorie des périodes historiques. BInstitutionnellement, l'historien distingue 4 périodes : la contemporaine depuis le XIXe jusqu'à nos jours ; la moderne entre le XVe et le XVIIIe ; la médiévale entre le Ve et le XVe ; et l'antique depuis les débuts de l'écriture jusqu'au Ve siècle. Il apparait très clairement que ce découpage n'est en rien égalitaire, certaines périodes dépassant allègrement le millénaire alors que d'autres ne durent que quelques siècles...

Pour comprendre l'usage médiatique de l'histoire, commençons par voir la récurrence des thèmes historiques au cinéma, disons depuis les 10 dernières années. Sans grande surprise, c'est l'histoire contemporaine qui remporte la palme d'or avec plus de 50 films traitant d'événements entre 1815 et les années 2000 en laissant une large avantage à la Seconde Guerre mondiale, comme on pouvait s'y attendre, même si le conflit vietnamien n'est pas loin derrière, mais "c'est pas ma guerre, mon colonel" comme l'a dit le philosophe Rambo... Sur la deuxième marche du podium, la période moderne avec ses costumes et tout le bataclan bénéficie d'une belle couverture, même si ce n'est pas gage de qualité comme en témoigne "Marie-Antoinette" de Sofia Coppola... Face à ce trio de tête "Il faut sauver le mousquetaire Rambo", les autres périodes repartent la queue entre les jambes avec moins de 15 films en 10 ans sur environ 4000 ans d'événements majeurs. Disons que ce désamour résulte de la difficulté de mettre en scène artistiquement et à moindre frais des sujets trop complexes pour des acteurs cocaïnés...

CToujours sur écran, le traitement de l'histoire à la télé peut s'observer par les sujets choisis par l'émission "Secrets d'Histoire" diffusée sur le service public depuis 7 ans. Cette fois, le podium s'inverse pour voir un net succès de la période moderne avec pas moins de 34 sujets consacrés à des personnages comme François Ier ou Louis XIV, autant de sujets ayant trait à des monuments majeurs de l'Histoire. La période contemporaine est elle polarisée par les tauliers de leur temps : Napoléon, Victoria, ... tout en mettant nettement l'accent sur le côté humain de ces personnages. C'est un peu la fibre du service public. Là encore, l'histoire antique et le Moyen-Age, à cause de leur soi-disant faible empreinte patrimonaile n'intéresseent guère les caméras de ce cher Stéphane Bern qui se passionne pour le monde de cour hormis quand il s'agit de sujets costauds : le suicide de Cléopâtre, le magot de Toutankhamon, l'identité de Robin de Bois...

Enfin, sans les images mais avec des vrais historiens dedans (et non des avatars lorantdeutschiens...), la radio française, entrée dans l'Histoire en 1940, continue de défricher le terrain, d'une manière assez habile, je dois dire. Prenons l'exemple de l'émission "la Marche de l'Histoire" sur France Inter qui quotidiennement évoque des thèmes parfois borderline. La qualité du programme est toutefois contrebalancée par un choix de sujets souvent réducteur. En témoigne la programmation de l'année 2012 qui, une fois de plus, a servi la contemporaine sur un plateau et notamment le XXe siècle avec près de 100 émissions consacrées à la Résistance, aux tranchées ou encore à la décolonisation. De cette suprématie vingtièmiste découle une répartition plus nuancée des autres périodes avec à chaque fois environ une vingtaine de sujets sur l'Antiquité, le Moyen-Age, la moderne ou le XIXe siècle allant de Spartacus à Napoléon III en passant par Gaston Fébus et Vauban...

En fin de compte, on se rend compte que la part des différentes périodes dans les média est assez semblable à leur place dans les programmes du secondaire. A croire que pour certains, l'Histoire de France ne s'appuie que sur quelques bases lointaines avant d'édifier une grande fresque portant que le XXe siècle avec des figures "mythiques". Bref, tout ceci ressemble étrangement à un colosse aux pieds d'argile...

Bibliotheque_bude

Posté par frenchphil à 19:43 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

10 octobre 2013

Le hashtag, c'est un palais à Berlin, non ?

sltAlors, vous êtes plutôt PAL, NTSC ou SECAM ? Vous ne comprenez pas ce que je veux dire ? C'est normal, ce sont des sigles utilisés dans le monde de la télé. En effet, le monde des média est un milieu assez particulier et comme tout microcosme qui se respecte, ce dernier est régi par une série de règles qui peuvent passer pour incompréhensibles pour un novice. Parmi ces règles, on peut évoquer le système prédominant de sigles, abréviations et autres acronymes complètement saugrenus. Au-delà de la différence de système couleur,  il existe tout un bazar de sigles d'usage : VHS, DVD, ... Le mec qui a pondu le Bluray a au moins tpmpeu l'idée de baptiser son invention d'un nom convenable. Bref, tout ça pour dire qu'il est normal pour des professionnels de la télé, j'entends par là les mecs qui prennent les images, le son et font le boulot technique, d'avoir un langage commun. Après tout, chaque milieu a son jargon.

Là où je ne comprends plus, c'est toutes les abréviations qui fleurissent ces temps-ci dans le monde des média et de la communication. Maintenant, chaque émission, qu'elle soit télé ou radio, a son tlmpetit acronyme. Je vous passe donc la liste des TPMP , VEED , TLMVPSP, SLT avec à chaque fois une tronche qui leur est associée : Hanouna, Morandini, Nagui, Ardisson ... Franchement, à quoi ça rime ? On est pas des robots, on sait parler, enfin pour la plupart, j'ai pas envie de m'engager pour certains... C'est pas la peine de payer des génies des média pour pondre un titre interminable pour qu'une fois à l'antenne, tout le monde se mette à paler avec des sigles. Autant y coller tout de suite un sigle et voir après si on a le temps d'en donner la signification. Sérieusement, vous avez déjà entendu les bandes sonores évoqués le site internet de "Tout le monde veut prendre sa place" : la voix off balance son "téhelhemvépéhesspé-point-francedeux-point-heffer" avec un tel débit de taré qu'on dirait un scientifique qui évoque une obscure molécule... Eh non, c'est juste un site internet, dommage...

Après, cette mode déborde dans la société. Je conçois qu'un sigle LMFAO_-_Live_Walmart_(1)puisse s'avérer utile pour simplifier un peu les choses mais de là à s'en servir pour tout et n'importe quoi, je demeure perplexe. Au printemps dernier, tous les journaux parlaient de la "Manif pour tous" avec des reportages et tout le bataclan, bref une vraie audience de bonhommes. Jusqu'à ce qu'on se rende compte que le sigle donnait "ellhèmpété", d'où un faible usage dans les média. Notons que le projet adverse n'est guère moins loti, se tapant le même acronyme. Dans la musique aussi, c'est bien marrant bien que les groupes soient moins friants de ce genre d'abréviations, certainement à cause de leur conscience artistique. Loin devant (ou bien loin derrière, c'est selon...) MGMT, RATM ou RHCP, on voit le duo LMFAO. Eux deux, ils méritent l'oscar du nom de groupe se rapprochant le plus d'un sigle de l'ONU ou d'une quelconque ONG. Oh encore une abréviation : la boucle est bouclée, on dirait...

Posté par frenchphil à 20:23 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

01 octobre 2013

Profil-axie

On m'a souvent dit que "dans la vie, y'a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis". Alors oui, ceux qui me connaissent depuis quelques années vont dire : "il a retourné sa veste, il a oublié tout ce qu'il nous disait depuis le début" et ils n'auront pas tout à fait tort. reseau-social

En effet, depuis maintenant quatre mois, j'ai craqué et je me suis inscrit sur Facebook. Oui oui, vous lisez bien : moi qui ai rejeté ce réseau social pendant toutes ces années en disant que je n''avais pas besoin de cela pour me faire des potes, et bien j'ai cédé. Et sans vouloir me vanter, cette nouvelle a eu l'effet d'une petite bombe autour de moi : certains ont cru que le compte n'était pas de moi, une sorte de fake, d'autres ont pensé que c'était contre ma volonté, comme un pari perdu. Mais non, l'initiative émane bel et bien de moi. Pour être franc, je me suis rendu compte - un peu malgré moi - que Facebook ne servait pas à se faire des amis, mais que cela permettait d'en garder. Oui, ce qu'on appelle désormais un réseau social est plutôt un cercle social. Vous saisissez la nuance ? Alors qu'un réseau met en lien des personnes les unes aux autres, sans connaître de limites effectives, le cercle se suffit à lui-même : ceux qui sont dedans restent proches, mais ceux qui sont à l'extérieur, même tout proche du cercle en demeurent exclus. C'est assez tragique mais c'est cette règle qui prédomine dans le système des réseaux sociaux.

rss-vs-facebookD'ailleurs, l'appellation est bien naze : le principe ne consiste pas à se mettre en relation avec les autres, mais bel et bien à faire intervenir les autres par rapport à un contenu personnel : publier une photo sert à recueillir l'assentiment (ou non) des "amis", éventuellement à leur faire envie et bien entendu à se mettre en avant. Sinon, à quoi cela servirait de permettre aux utilisateurs de voir, de commenter, de "liker" et de partager des contenus, si ce n'est pour créer du réseau.

Des esprits avisés me rétorqueront que je critique le truc, alors que justement je m'en sers et donc que mes critiques seraient creuses. Ce à quoi je répondrai que le cuisinier, en livrant sa sauce, sera sûrement le premier à émettre un avis. Ce n'est pas parce que je prends part à un phénomène que j'en perds pour autant mon libre-arbitre.

Bref, après une période de rodage où j'ai découvert - j'avoue avec un certain amusement - ce que j'avais si duchamp2-tt-width-604-height-334violemment critiqué, je suis désormais un utilisateur de cette plateforme. Toutefois, je demeure perplexe face à la fonction "Like". L'appréciation est d'emblée tronquée vu qu'on a peu de choix : soit t'aimes, soit tu la fermes. Mais comme le dit l'adage, "qui ne dit mot consent". Du coup, tu ne peux pas exprimer ta désapprobation. La seule possibilité est de cliquer sur "Je n'aime plus" après avoir "liker" mais du coup, ça fausse tout. Sinon, tu peux t'ériger contre une publication en laissant un commentaire qui sera malheureusement noyée dans des épenchements insipides de "looool" et "^^"... Donc, au final, face aux publications des autres, ton avis n'a quère d'improtance à moins que ça n'aille dans le même sens que ladite publication.

C'est assez dommage, mais par contre, là où Facebook me rend service, ce n'est pas pour les anniversaires, vu qu'en principe, t'as pas besoin d'une base de données pour te rappeler  de souhaiter un bon anniversaire aux personnes que tu apprécies vraiment... Non là où ça me sert, c'est que je peux faire débouler sur ma page d'accueil tous les contenus que je lisais avant grâce aux flux RSS, à l'ancienne quoi. Maintenant, je gagne en rapidité, mais je n'ai plus la joie de farfouiller au travers le "Uselesse Web"...

Après tout, c'est peut-être ça l'essence même des réseaux sociaux : plus de rapidité, plus de contenu, mais moins de découvertes...

 



Posté par frenchphil à 21:40 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,



Fin »