La suite ... en mieux

08 mai 2014

La culture, pourquoi faire ?

Toutes les personnes que tu croises quotidiennement peuvent être rangées en trois catégories : y'a ceux à qui t'aimerais ressembler, y'a ceux qui t'en touchent une sans faire bouger l'autre - à vrai dire, la grande majorité - et y'a ceux à qui tu ne voudrais surtout pas ressembler. Ce classement est très subjectif et c'est assez normal finalement.

emmanuel-kantCe billet n'est pas destiné à faire la liste des gens à qui j'aimerais ressembler : ça n'a pas trop de sens et puis, j'ai plus 15 ans en fait... Non, je préfèrerai revenir sur une des composantes de la troisième catégorie : ceux que j'appelle "les obtus". Notez, pour la bonne compréhension de ce qui va suivre, que les obtus peuvent être des connards aigus ! L'un n'empêche pas l'autre...

La plupart du temps, les obtus sont, se savent ou s'imaginent brillants dans un domaine spécifique et en vertu de ça, pensent que leur domaine résume ce qu'il faut savoir, le reste n'étant que du détail auquel il n'est pas nécessaire de s'intéresser, sous peine de se cultiver... Ainsi, en maîtrisant la somme de connaissances liée à cette thémtique, l'obtu pense avoir fait le tour de question et ne voit donc pas l'intérêt de voir au-delà du bout de son nez, préférant cultiver son savoir dans son coin.

On touche là à une des grandes différences entre les scientifiques actuels et les érudits des siècles précédents. De nos jours, rares sont les gars calés sur la géohistoire du continent asiatique, capables de comprendre la composition d'une molécule quelconque, habiles à débiter une souche de chène centenaire et en même temps aptes à cuisiner un filet mignon Rossini. Eh oui, parce que dans la vie, on est parfois obligé de se servir de ses mains et de sa tête...Moyennedanseuse-sinusoidale

Bon, peut-être que mon point de vue est orienté (après tout, c'est mon blog...), mais les derniers obtus que j'ai rencontrés pouvaient rentrer dans le club des "obtus de sciences dures". A mon sens, c'est peut-être les pires. Tu sais, c'est tous ceux qui, au lycée, ont fait S parce qu'en L, on sert à rien et en ES, c'est pour ceux qui ont pas d'avis, d'où l'appellation "En Suspens". A vérifier... C'est le genre de gars qui, sous prétexte d'être balaise en maths (chose qu'on peut leur concéder), estime que le français, les sciences humaines et surtout la philo ne servent à rien. Parce que, "vu son niveau d'étude", on ferait mieux de supprimer ces matières inutiles pour mettre le paquet dans les disciplines scientifiques. Alors que les branleur de L et surtout l'indécis d'ES ont le droit de se coltiner toutes les matières, après tout, il fallait choisir. Eh ben, c'est ce gars que tu retrouves bien des années plus tard et qui a du mal à faire une phrase en français, j'entends, sans symboles mathématiques, ce qui ne l'empêche pas de proclamer des locutions latines telles que le très joli "Alea ejaculata est" qui symbolise l'esprit fertile de ces gens-là...

5859248-cedric-villani-l-anglais-a-l-universite-est-une-necessiteLes obtus ont ceci de formidable : ils ne se remettent que rarement en question, persuadés d'avoir raison. Cette obstination donne des générations de tronches très forts dans ce qu'ils font, mais tellement vides en termes de culture et perpétue une sorte de hiérarchie des savoirs, hiérarchie somme toute très conne consacrant l'usage de sa tête plutôt que celui de ses mains. Du coup, moins tu te sers de tes mains, plus tu grimpes dans le classement des obtus ! Mais, qu'on se rassure, plus tu grimpes dans le classement, plus tu risques d'être un blaireau.

 

Finalement, je préfère être une brèle en maths plutôt que de ressembler à ce bon vieux Cédric Villani qui aime se surnommer la Lady Gaga des maths, preuve qu'on peut être une pointure en maths et avoir des références de merde...

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14 mars 2014

JEHOVAH : Scrabble ! 73 points...

coolchristqa6Ca y est, c'est (presque) le printemps ; les oiseaux reviennent, mais ce ne sont pas les seuls à être de retour. Non, en regardant bien, tu peux repérer des personnes qui sortent du lot.

Alors que dès le mercure remonte au-dessus d'une quinzaine de degrés, les gens normalement constitués tombent les pulls en laine et les futals en velours, certains individus persistent à garder leurs sapes d'hiver. Pire, alors que, la chaleur venant, le commun des mortels cherche les endroits pépères à l'ombre, certains individus s'ingénuent à se planter au milieu des places publiques en plein cagnard...

Les plus malins d'entre vous ont reconnus ceux qui vont être au coeur de cet article : les témoins de Jéhovah et autres prosélytes de toutes sortes ! Oh on a tous une petite histoire à propos de ces gens-là : comment on les a remballé une fois, comment on s'est avoir une autre fois, ... Bref, c'est un des sujets qui fait toujours bien marrer quand t'en parles avec tes potes, sauf si évidemment tu comptes dans ton entourage un de ces gars-là.Block17799!_!Les_temoins_de_Jehovah

La plupart du temps, ce genre de personnes se fait vite remarquer. Même si on peut pas dire qu'ils ont un costume, sauf pour certains spécimens, leur style vestimentaire ne laisse pas indifférent. Par exemple, hier soir, j'en ai croisé deux. Je ne sais pas de quelle église ils se revendiquaient, mais tu les repères à 2 kilomètres : attends, un couple, généralement un homme et une femme, qui distribue des tracts imprimés à l'arrache et trimballe un panneau agrémenté de photos louches, ça se repère de loin.

Mais vu que leur mouvement, aussi obscur et obscurantiste soit-il, réside sur un recrutement plus ou moins fallacieux, ils sont un peu obligés de mettre le paquet pour dégoter des appâts. Le problème, c'est que leur vitrine n'attire pas les foules. Déjà qu'en ville, les passants sont moyennement chauds pour se laisser alpaguer par n’importe qui, alors rajoute à cette habitude, des "alpagueurs" moches, mal habillés et intéressés à te fourguer de la merde en barre, le résultat s'annonce guère glorieux...

3cd71c27D'autant que la came que des groupes comme les Témoins de Jéhovah proposent n'a rien de fantastique, prenons l'exemple de ces marioles parce que c'est la plus grande secte de France et ce sont ceux qu'on connait du coup le mieux : alors eux refusent toutes sortes de pratiques jugées déviantes par leur chaman ou leur gourou, peu importe l’intitulé du boss de fin. Parmi ces déviances, on trouve bien sûr tout ce qui a rapport au cul comme l'adultère ou la zoophilie. Pas étonnant que des gens aussi allumés dans leur tête soient aussi éteints dans leur caleçon : c’est le principe des vases communiquants, dirons-nous... Mais ça va même plus loin : ils rejettent les jeux d'argent, l'ivrognerie et même les sports extrêmes, c’est complétement dingue puisque leur doctrine reposent sur ces pratiques. Si financer une telle organisation dans le but d'obtenir une vie après la mort n'est pas un jeu d'argent, là je comprends plus rien. Et survivre en col roulé place de la Rép’ en plein mois d'août sans boire une goutte d’eau, ça ressemble pas à un sport extrême ?

Autre moyen de les capter, c’est par le nom de leur groupe, lobby, association, club. Là y'a vraiment moyen de se marrer. Selon la liste officielle, y’en a des corsés… Y’en a qui restent classiques avec des noms un peu foufous, mais somme toute basiques comme l’« Eglise universelle de Dieu » qui passerait presque pour normale sous cette appellation ou alors les « Eglises du Christ international » après que Jésus ait réussi son bachelor en commerce international… Avec un nom chantant un peu chrétien ou du moins christique, ces sectes tentent l’option tranquillité en se faisant passer pour une petite assoc’ spirituelle, d’où peut-être un piège… Mais d’autres sont réellement innovants pour faire mouche auprès de tous les instables du monde entier. On trouve ainsi les « Chevaliers du Lotus d'or » qui rappellent un peu une BD de Tintin, tout en restant assez soft. Dans le même genre, on s’attend à retrouver Esteban et Zia à la tête du « Club prélude à l'Age d'or ». Mais à mon avis, la palme de revient à la « Société internationale de trilogie analytique » qui doit rassembler tous les profs de maths en perte de repères, orthonormés ou non…

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24 janvier 2014

Pauvre comme Jobs, mon cul oui !

notutile-blog-design-geek-steeve-jobs-thx-steeve-autreIl y a 30 ans jour pour jour sortait le Macintosh qui allait devenir un objet culte et fonder l'image de marque d'Apple, vous savez cette coopérative fruitière dont Forrest Gump est devenu actionnaire après avoir pêché toutes les crevettes dans le coin de Greenbow, Alabama... A l'époque, le produit était révolutionnaire : là, tous les crétins d'Applemaniacs vont me dire que ça l'est encore... A l'époque, ça l'était, sans aucun doute. J'en veux pour preuve le clip publicitaire pondu par le déjà très prometteur Ridley Scott. Vous vous en souvenez peut-être : c'était le clip assez dingue où une nana courait parmi des lobotomisés avant de faire du lancer de marteau mais avec un vrai marteau... Bref, tout ça pour dire qu' à l'époque, le produit a fait l'effet d'une bombe, la marque à la Pomme a gagné son pari.

ConformismeMais alors que dans la première décennie, la marque était un peu l'apanage des originaux de San Francisco, de tout le milieu de la contre-culture qui luttait contre le Système, elle a depuis retourné sa veste pour devenir le fer de lance de ce même Système dont elle devait sonner le glas. Le problème rappelle le mouton de Panurge de Rabelais : au départ, il est indéniable que le produit est de qualité, comme le fameux mouton, du coup ça tente plusieurs personnes et ainsi de suite, de fil en aiguille, pour faire "comme tout le monde" on achète ledit produit en se disant que c'est un truc super original. Sauf que ce qui était novateur par sa rareté va perdre de son charme en se multipliant. Ainsi, suivant les lois du marché, ce qui est prisé voit son prix augmenter : c'est mathématique vu que le projet a l'époque était de s'en mettre plein les fouilles et de sortir de ce putain de garage...

C'est bien là le problème de l'anticonformisme : tous les objets qui ont été conçus pour aller à l'encontre du Système finissent par rentrer dans les rangs. Imaginons un instant que le conformisme et l'anticonformisme sont sur une règle, le premier à droite et le second à gauche et ben, c'est comme pendant la Révolution, on se fait toujours doubler par quelqu'un de plus à gauche que soi. On a beau trouver un petit truc plus original pour se décaler vers la gauche, y'aura toujours quelqu'un qui aura une idée en plus pour aller plus loin. Du coup, celui qui passait pour un fou à l'époque finit par être considéré non pas comme tout le monde, mais comme un génie. De la même manière, celui qui - comme Jobs - voulait défier le Système ou du moins le contredire se retrouve au sommet de celui-ci.

Ce genre de phénomène se rerpoduit avec tout. Je me souviens au collège d'un gars qui faisait des dessins de tout et tout le temps, juste pour exprimer son ressenti et aussi passer le temps. Les autres le prenaient pour un taré, le taxant d'autiste, incapable de faire passer ses sentiments par des mots. C'était assez fou, d'autant qu'il avait un sacré coup de crayon (au sens premier du terme !). Maintenant, avec cette merde de Bitstrip, n'importe quel péquenot peut réussir à pondre un "dessin" pour dire ce qui lui passe par la tête, c'est-à-dire souvent du vent.
Cet article n'est pas une tribune contre l'anticonformisme. Loin de moi l'idée de prôner un monde uniforme où on serait tous des êtres lobotomisés comme dans le clip de Ridley Scott... On essaie tous de se démarquer pour se forger une identité propre, mais ce processus d'égotisation ne doit pas se fonder sur une course à l'originalité au risque de voir l'anticonformisme devenir très conformiste...

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21 décembre 2013

Survivre pendant les repas de famille

A l'heure où le marathon culinaire des fêtes de fin d'année va commencer (ou a commencé, pour les affairedreyfusplus chanceux), toute la rédaction d'Adsum a décidé de te filer un coup de main pour surmonter cette épreuve qu'on appelle communément "fête de famille".En fait, cet article part du constat que, dans environ 88% des cas (sources Ifop), le diner de famille peut s'avérer chiant entre les sermons de papy Fernand et les prises de tête de la tante Judith... Alors pour que tes repas de famille intègrent les 12% de petits veinards, il faut trouver des sujets de conversation qui mettent tout le monde d'accord, des sujets où les avis peuvent être divergents, sans pour autant qu'on se mette sur la tronche. C'est Noël quand même...

D'une manière générale, il vaut mieux éviter les thèmes à controverses : l'Europe, l'intervention française en Afrique, le non-mariage entre Hollande et Trierweiler, le possible retour potentiellement probable (voire envisageable, pour l'électorat de droite) de N. Sarkozy en politique, ... Bref, si tu veux éviter que la dinde serve à assommer Tonton Louis pour ses propos réac', ne parle pas politique. Même de loin, en évoquant une petite anecdote sur le maire de Peylmargues-sur-Tartoz, parce que, de toute façon, le propos allant crescendo, tu vas retomber sur un ministre ou un chef politique et ce sera foutu. A moins que ce ne soit voulu, histoire d'abréger le repas et de rentrer à la maison pour ne pas rater une enième diffusion de la "Course au jouet" avec Schwartzenegger...

Non, si tu veux que le repas soit un moment chaleureux où chacun a sa place et où tout le monde peut en placer une, il faut trouver des sujets assez vastes, des thèmes que tout le monde maîtrise. Il existe tout un tas de variantes mais y'a des valeurs sûres, donc pourquoi ne pas surfer sur la vague ? Tout le monde (du moins tous les adultes) a une petite histoire sur son permis de conduire, que Prevost-Larose_diner_ca1920ce soit une connerie faite le jour J comme le coup du frein à main ou une incongruïté que le collègue d'un cousin de votre pote de foot a connu, du style passer son permis sans mettre un clignotant. Peu importe que ce soit toi le héros de l'histoire, puisque c'est toi qui la raconte... Après, le monde de la route est super pratique pour les histoires croustillantes, vu qu'on passe environ un million d'heures dans la voiture. Du coup, les histoires de PV, de radars, de feux rouges, c'est du pain béni pour les repas de famille. On a tous déjà grillé un feu, même les piou-pious de 12 ans : en fait, avec ce sujet, on est tous concernés. Impeccable.

Puis, le sujet des vacances et surtout des conneries faites en vacances. On se souvient tous du con qui est sorti en serviette de sa chambre d'hôtel mais sans prendre la carte ou le type qui balance des insanités en français en pensant sur le chauffeur de taxi de Marrakech ne comprend pas. Là, y'a moyen de tenir tout le fromage, voire jusqu'au premier dessert (ouais, on est comme ça nous...). Pour Noël, ce qui marche bien, c'est les aventures qui nous sont arrivés pendant qu'on faisait les courses au supermarché : le gars qui se pointe à la caisse, le chariot plein, mais qui s'est fait chourrer son portefeuille ou le minot de 13 ans qui, pour acheter une boîte de capotes, garde casquette, lunettes et capuche sont les grands classiques. En règle générale, l'histoire un peu honteuse passe mieux quand elle arrive à quelqu'un d'autre, tandis que l'anecdote marrante a d'autant plus d'effet quand elle arrive au conteur... Souviens-toi de ça, très important de jouer sur le rapport héros/conteur !

retraites-SNCFAvec le thème "Supermarché", on peut dériver sur les abus des commerçants en faisant gaffe que personne à table ne fasse partie de cette catégorie : les coups de pute du garagiste, la flemme du facteur, les tarifs exorbitants du tabac, les questions d'hygiène du kebab ou du chinois sont autant de sujets rassembleurs. Celui qui voudra briller en soirée devra se fournir en petites histoires, quitte à en garder une sous la main pour avoir le mot de fin et faire rire la cousine Lucienne qui n'a pas ri depuis Fernand Raynaud (mort en 1973)...

Enfin, le sujet ultime, celui qui est en tête des diners de famille depuis plus de 5 ans : les retraites. Tin-tin-tin, voilà une question qui met tout le monde d'accord, vu qu'on va tous se faire avoir... Le sujet est tellement intéressant de ce point de vue-là qu'il faut choisir le bon moment pour l'introduire : ni trop tôt au risque de ne plus rien avoir à se dire (sauf si on applique les consels ci-dussus), ni trop tard, sinon tout le monde est soit plein comme une oie, soit rond comme une queue de pelle. Savante question que de savoir quand parler des retraites ! Mais sache que si, parmi tes proches, certains bénéficient d'avantages, le sujet pourrait prendre une tournure politique et vous ramenez au point 1 de cet article.

En définitive, le choix des thèmes est déterminant pour tes fêtes de familles, d'autant qu'en la jouant finement, tu peux éviter les questions embarassantes : les copines, les études, l'héritage. Mais il ne faut pas perdre de vue que dans "diners de famille", y'a quand même "famille" dedans, donc faudra tout de même parler un peu des autres, au risque de passer pour un connard narcissique...

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09 novembre 2013

A livre ouvert

Attention, ceci est un article susceptible de passer pour un pamphlet réactionnaire aux yeux de mon lectorat le plus hype...

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C'est assez symptomatique de notre société : y'a un "sondage" qui revient fréquemment dans la presse populaire, c'est "les 3-5-10 objets que vous emporteriez sur une île déserte"... Là, les réponses sont effrayantes de diversité entre ceux qui emportent un masque et un tuba et celles qui prennent de la crême solaire et du mascara. Remarquons d'ailleurs que quand on dit "île déserte", la plupart des personnes pensent "île au soleil" : qui est motivé pour aller faire bronzette sur la Nouvelle-Zemble ?

Bref, dans ce genre de questionnaire, le livre revient rarement, sauf si c'est "Littérature magazine" qui publie les résultats. Dans le meilleur des cas, les gens emportent un baladeur numérique où l'on peut espérer trouver des livres audio... Non là, je parle d'un livre en papier avec des feuilles imprimées dedans, une couverture soigné et un contenu un tant soit peu intelligible... Disons que les mémoires de Kim Kardashian ne comptent pas ! Vous savez le livre, c'est cet objet que certains qualifieront volontiers de ringard, le truc qui sert à faire tenir les bibelots sur les étagères du salon.

Alors oui, c'est vrai que le livre est un vieil objet qui n'a que peu évolué depuis un demi-millénaire, mais bon c'est pas une raison pour le mettre au rebus. Imaginez si un demi-siècle après leur élaboration, les Chinois avaient décidé de démonter leur muraille, si De Vinci avait demandé à ce qu'on bazarde Mona Lisa dans les prochaines années, y'aurait peut-être un petit débat. Après, on va me dire qu'on ne peut pas mettre tous les livres au rang de la Joconde, ce à quoi je répondrai qu'on ne parle pas ici des mémoires de Paris Hilon.

Il y a de ça quelques mois, un matin, j'entends à la radio une émission où Paul Veyne est invité. Là, je me dis que j'en ai de la chance (!), c'est quand même le grand Paul Veyne, un des grandes pointures de l'histoire romaine. Mais qu'elle ne fut pas ma déception quand j'ai réalisé l'ampleur du désastre. L'éminent intellectuel ne venait pas parler de ces travaux, mais de sa passion pour l'histoire de l'art. A cela, rien de dramatique sauf qu'il sape d'un trait tout l'édifice intellectuel qu'il a contribué à ériger par ces publications. En plus de sortir un livre (en papier et avec de l'encre et tout...), il a eu l'idée de pondre une version numérique, destinée à réinventer la lecture de livres d'art. Noooon, le mal est fait, le loup est entré dans la bibliothèque en quelque sorte.

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Sans vouloir contredire M. Veyne (chose que je ne me permettrais pas), ça rime à quoi ? Alors c'est sûr qu'à travers l'interface numérique, l'image ne subit pas l'altération au niveau du détail ou de la couleur et qu'elle permet aussi d'avoir les tableaux en direct sans avoir à courir les plus grands musées avec leurs inconvénients, mais concrètement, ne serait-ce pas un piètre argument de vente, destiné à faire rentrer l'art dans les milieux hypes où la tablettre a désormais remplacé un bon vieux bouquin.

Tu sais, tous ceux qui n'allaient pas au musée parce que c'est "rempli de vieux trucs" ne vont pas subitement acheter le livre électronique pour s'imprégner des plus grandes toiles de l'histoire. La fréquentation des musées a cela de particulier : pour trouver la toile qui va te mettre sur le cul, il faut faire la queue, acheter un billet, marcher dans le musée, regarder les tableaux et repérer le bon. Oh oui, c'est sûr ça fatigue et c'est looong, mais le jeu n'en vaut-il pas la chandelle. Après avoir déambulé dans les Offices de Florence, qu'est-ce qui est le plus mémorable la Naissance de Vénus par Botticelli ou la découverte de toute la peinture de la Renaissance ...?

Livre ou tablette

Alors oui, c'est vrai que la tablette peut avoir des avantages. Sur un même objet, on peut entasser des piles et des piles de livres. C'est un gain de place, indéniablement. L'achat de livres électroniques peut être un gain d'argent substantiel, mais encore heureux quand tu vois le prix de la "bibliothèque" ! En termes d'efficacité de travail, bénéficier de livres dématérialisés fait gagner du temps, les articles en pdf sont super pratiques pour aller à l'essentiel, mais bon dieu que c'est laid à regarder et ennuyeux à lire. A côté d'une tablette froide et impersonnelle, le livre a une odeur caractéristique, une texture bien à lui et parfois des petites imperfections qui font que chaque exemplaire est unique. Il est avant tout un objet : prêtez un livre à un ami, il le lire et vous le rendra ... ou le gardera pour le mettre dans sa bibliothèque ; envoyez-lui un e-book, il le lira et le gardera dans ses documents ... ou le mettra à la corbeille.

En fin de compte, le bouquin est à l'e-book ce que la charpente est au marteau : il est un objet riche et varié plus qu'un outil fonctionnel. Qui de nos jours expose chez lui ses tournevis ?

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20 octobre 2013

L'Antiquité, c'est pas de l'histoire ancienne...

ARécemment j'ai rencontré une vieille dame que j'apprécie beaucoup autant pour sa personnalité que pour son parcours. Ancienne résistante reconnue et décorée en tant que telle, notre discussion est très vite arrivée sur l'histoire. En tant qu'acteur privilégié de l'histoire locale, elle est tout particulièrement sensible aux événements qu'elle a vécus, voire qu'elle a subis. A cause de ce riche bagage émotionnel, elle prend tout naturellement parti pour que l'enseignement scolaire soit avant tout axé sur les derniers événements historiques qu'a vécu la France : en l'occurrence, la Seconde Guerre mondiale et l'Occupation, terme qui est d'ailleurs assez banal mais qui renvoie directement à ses heures sombres...

Cette réaction qui peut se comprendre face à une personne bientôt centenaire met en lumière le poids de certaines périodes historiques dans le rapport à l'Histoire : des événements particuliers sont tellement forts qu'ils en occultent d'autres. On voit dès lors émerger une sorte de hiérarchisation des thèmes, classement qui se fonde à la fois sur l'influence de certaines associations ou lobbys plus ou moins importants, sur le patrimoine qui est en relation, sur les idées que s'en fait l'opinion publique, ... Si la question des lobbys pesant sur le traitement de l'Histoire est une question éminemment intéressante, elle ne sera pas traitée dans cet article. Néanmoins, le traitement qu'en font les média est assez révélateur quant à la proximité des sujets traités vis-à-vis de l'opinion publique.

En effet, comme dans toutes les familles, il apparait que l'Histoire de France compte des parents pauvres, c'est-à-dire des thèmes mal aimés. Là encore, évoquer les sujets qui ont le vent en poupe et ceux qui apparaissent comme moins intéressants médiatiquement parlant, serait une tâche fastidieuse, mais ô combien instructive, à l'instar des camps de concentration des Espagnols ou des Britanniques pendant leur "occupation" respective à Cuba et en Afrique du Sud au tournant du XXe siècle...

Non, intéressons-nous pour aujourd'hui à la seule catégorie des périodes historiques. BInstitutionnellement, l'historien distingue 4 périodes : la contemporaine depuis le XIXe jusqu'à nos jours ; la moderne entre le XVe et le XVIIIe ; la médiévale entre le Ve et le XVe ; et l'antique depuis les débuts de l'écriture jusqu'au Ve siècle. Il apparait très clairement que ce découpage n'est en rien égalitaire, certaines périodes dépassant allègrement le millénaire alors que d'autres ne durent que quelques siècles...

Pour comprendre l'usage médiatique de l'histoire, commençons par voir la récurrence des thèmes historiques au cinéma, disons depuis les 10 dernières années. Sans grande surprise, c'est l'histoire contemporaine qui remporte la palme d'or avec plus de 50 films traitant d'événements entre 1815 et les années 2000 en laissant une large avantage à la Seconde Guerre mondiale, comme on pouvait s'y attendre, même si le conflit vietnamien n'est pas loin derrière, mais "c'est pas ma guerre, mon colonel" comme l'a dit le philosophe Rambo... Sur la deuxième marche du podium, la période moderne avec ses costumes et tout le bataclan bénéficie d'une belle couverture, même si ce n'est pas gage de qualité comme en témoigne "Marie-Antoinette" de Sofia Coppola... Face à ce trio de tête "Il faut sauver le mousquetaire Rambo", les autres périodes repartent la queue entre les jambes avec moins de 15 films en 10 ans sur environ 4000 ans d'événements majeurs. Disons que ce désamour résulte de la difficulté de mettre en scène artistiquement et à moindre frais des sujets trop complexes pour des acteurs cocaïnés...

CToujours sur écran, le traitement de l'histoire à la télé peut s'observer par les sujets choisis par l'émission "Secrets d'Histoire" diffusée sur le service public depuis 7 ans. Cette fois, le podium s'inverse pour voir un net succès de la période moderne avec pas moins de 34 sujets consacrés à des personnages comme François Ier ou Louis XIV, autant de sujets ayant trait à des monuments majeurs de l'Histoire. La période contemporaine est elle polarisée par les tauliers de leur temps : Napoléon, Victoria, ... tout en mettant nettement l'accent sur le côté humain de ces personnages. C'est un peu la fibre du service public. Là encore, l'histoire antique et le Moyen-Age, à cause de leur soi-disant faible empreinte patrimonaile n'intéresseent guère les caméras de ce cher Stéphane Bern qui se passionne pour le monde de cour hormis quand il s'agit de sujets costauds : le suicide de Cléopâtre, le magot de Toutankhamon, l'identité de Robin de Bois...

Enfin, sans les images mais avec des vrais historiens dedans (et non des avatars lorantdeutschiens...), la radio française, entrée dans l'Histoire en 1940, continue de défricher le terrain, d'une manière assez habile, je dois dire. Prenons l'exemple de l'émission "la Marche de l'Histoire" sur France Inter qui quotidiennement évoque des thèmes parfois borderline. La qualité du programme est toutefois contrebalancée par un choix de sujets souvent réducteur. En témoigne la programmation de l'année 2012 qui, une fois de plus, a servi la contemporaine sur un plateau et notamment le XXe siècle avec près de 100 émissions consacrées à la Résistance, aux tranchées ou encore à la décolonisation. De cette suprématie vingtièmiste découle une répartition plus nuancée des autres périodes avec à chaque fois environ une vingtaine de sujets sur l'Antiquité, le Moyen-Age, la moderne ou le XIXe siècle allant de Spartacus à Napoléon III en passant par Gaston Fébus et Vauban...

En fin de compte, on se rend compte que la part des différentes périodes dans les média est assez semblable à leur place dans les programmes du secondaire. A croire que pour certains, l'Histoire de France ne s'appuie que sur quelques bases lointaines avant d'édifier une grande fresque portant que le XXe siècle avec des figures "mythiques". Bref, tout ceci ressemble étrangement à un colosse aux pieds d'argile...

Bibliotheque_bude

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10 octobre 2013

Le hashtag, c'est un palais à Berlin, non ?

sltAlors, vous êtes plutôt PAL, NTSC ou SECAM ? Vous ne comprenez pas ce que je veux dire ? C'est normal, ce sont des sigles utilisés dans le monde de la télé. En effet, le monde des média est un milieu assez particulier et comme tout microcosme qui se respecte, ce dernier est régi par une série de règles qui peuvent passer pour incompréhensibles pour un novice. Parmi ces règles, on peut évoquer le système prédominant de sigles, abréviations et autres acronymes complètement saugrenus. Au-delà de la différence de système couleur,  il existe tout un bazar de sigles d'usage : VHS, DVD, ... Le mec qui a pondu le Bluray a au moins tpmpeu l'idée de baptiser son invention d'un nom convenable. Bref, tout ça pour dire qu'il est normal pour des professionnels de la télé, j'entends par là les mecs qui prennent les images, le son et font le boulot technique, d'avoir un langage commun. Après tout, chaque milieu a son jargon.

Là où je ne comprends plus, c'est toutes les abréviations qui fleurissent ces temps-ci dans le monde des média et de la communication. Maintenant, chaque émission, qu'elle soit télé ou radio, a son tlmpetit acronyme. Je vous passe donc la liste des TPMP , VEED , TLMVPSP, SLT avec à chaque fois une tronche qui leur est associée : Hanouna, Morandini, Nagui, Ardisson ... Franchement, à quoi ça rime ? On est pas des robots, on sait parler, enfin pour la plupart, j'ai pas envie de m'engager pour certains... C'est pas la peine de payer des génies des média pour pondre un titre interminable pour qu'une fois à l'antenne, tout le monde se mette à paler avec des sigles. Autant y coller tout de suite un sigle et voir après si on a le temps d'en donner la signification. Sérieusement, vous avez déjà entendu les bandes sonores évoqués le site internet de "Tout le monde veut prendre sa place" : la voix off balance son "téhelhemvépéhesspé-point-francedeux-point-heffer" avec un tel débit de taré qu'on dirait un scientifique qui évoque une obscure molécule... Eh non, c'est juste un site internet, dommage...

Après, cette mode déborde dans la société. Je conçois qu'un sigle LMFAO_-_Live_Walmart_(1)puisse s'avérer utile pour simplifier un peu les choses mais de là à s'en servir pour tout et n'importe quoi, je demeure perplexe. Au printemps dernier, tous les journaux parlaient de la "Manif pour tous" avec des reportages et tout le bataclan, bref une vraie audience de bonhommes. Jusqu'à ce qu'on se rende compte que le sigle donnait "ellhèmpété", d'où un faible usage dans les média. Notons que le projet adverse n'est guère moins loti, se tapant le même acronyme. Dans la musique aussi, c'est bien marrant bien que les groupes soient moins friants de ce genre d'abréviations, certainement à cause de leur conscience artistique. Loin devant (ou bien loin derrière, c'est selon...) MGMT, RATM ou RHCP, on voit le duo LMFAO. Eux deux, ils méritent l'oscar du nom de groupe se rapprochant le plus d'un sigle de l'ONU ou d'une quelconque ONG. Oh encore une abréviation : la boucle est bouclée, on dirait...

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01 octobre 2013

Profil-axie

On m'a souvent dit que "dans la vie, y'a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis". Alors oui, ceux qui me connaissent depuis quelques années vont dire : "il a retourné sa veste, il a oublié tout ce qu'il nous disait depuis le début" et ils n'auront pas tout à fait tort. reseau-social

En effet, depuis maintenant quatre mois, j'ai craqué et je me suis inscrit sur Facebook. Oui oui, vous lisez bien : moi qui ai rejeté ce réseau social pendant toutes ces années en disant que je n''avais pas besoin de cela pour me faire des potes, et bien j'ai cédé. Et sans vouloir me vanter, cette nouvelle a eu l'effet d'une petite bombe autour de moi : certains ont cru que le compte n'était pas de moi, une sorte de fake, d'autres ont pensé que c'était contre ma volonté, comme un pari perdu. Mais non, l'initiative émane bel et bien de moi. Pour être franc, je me suis rendu compte - un peu malgré moi - que Facebook ne servait pas à se faire des amis, mais que cela permettait d'en garder. Oui, ce qu'on appelle désormais un réseau social est plutôt un cercle social. Vous saisissez la nuance ? Alors qu'un réseau met en lien des personnes les unes aux autres, sans connaître de limites effectives, le cercle se suffit à lui-même : ceux qui sont dedans restent proches, mais ceux qui sont à l'extérieur, même tout proche du cercle en demeurent exclus. C'est assez tragique mais c'est cette règle qui prédomine dans le système des réseaux sociaux.

rss-vs-facebookD'ailleurs, l'appellation est bien naze : le principe ne consiste pas à se mettre en relation avec les autres, mais bel et bien à faire intervenir les autres par rapport à un contenu personnel : publier une photo sert à recueillir l'assentiment (ou non) des "amis", éventuellement à leur faire envie et bien entendu à se mettre en avant. Sinon, à quoi cela servirait de permettre aux utilisateurs de voir, de commenter, de "liker" et de partager des contenus, si ce n'est pour créer du réseau.

Des esprits avisés me rétorqueront que je critique le truc, alors que justement je m'en sers et donc que mes critiques seraient creuses. Ce à quoi je répondrai que le cuisinier, en livrant sa sauce, sera sûrement le premier à émettre un avis. Ce n'est pas parce que je prends part à un phénomène que j'en perds pour autant mon libre-arbitre.

Bref, après une période de rodage où j'ai découvert - j'avoue avec un certain amusement - ce que j'avais si duchamp2-tt-width-604-height-334violemment critiqué, je suis désormais un utilisateur de cette plateforme. Toutefois, je demeure perplexe face à la fonction "Like". L'appréciation est d'emblée tronquée vu qu'on a peu de choix : soit t'aimes, soit tu la fermes. Mais comme le dit l'adage, "qui ne dit mot consent". Du coup, tu ne peux pas exprimer ta désapprobation. La seule possibilité est de cliquer sur "Je n'aime plus" après avoir "liker" mais du coup, ça fausse tout. Sinon, tu peux t'ériger contre une publication en laissant un commentaire qui sera malheureusement noyée dans des épenchements insipides de "looool" et "^^"... Donc, au final, face aux publications des autres, ton avis n'a quère d'improtance à moins que ça n'aille dans le même sens que ladite publication.

C'est assez dommage, mais par contre, là où Facebook me rend service, ce n'est pas pour les anniversaires, vu qu'en principe, t'as pas besoin d'une base de données pour te rappeler  de souhaiter un bon anniversaire aux personnes que tu apprécies vraiment... Non là où ça me sert, c'est que je peux faire débouler sur ma page d'accueil tous les contenus que je lisais avant grâce aux flux RSS, à l'ancienne quoi. Maintenant, je gagne en rapidité, mais je n'ai plus la joie de farfouiller au travers le "Uselesse Web"...

Après tout, c'est peut-être ça l'essence même des réseaux sociaux : plus de rapidité, plus de contenu, mais moins de découvertes...

 



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06 septembre 2013

Une maladie chronique de la télé contemporaine

Y'a des signes qui ne trompent pas : le catalogue Ikea dans la boite aux lettres, les cartables à roulettes dans la rue, les feuilles qui tombent dans le jardin, ... Y'a pas de doute, c'est la rentrée ! Alors oui, qui dit rentrée dit reprise des cours, mais qui dit rentrée dit aussi reprise des émissions de télé. Bon je dis "reprise", mais avec la rentrée c'est souvent "lancement" d'émissions qui parfois ne durent pas un trimestre au vu de l'audimat...

ariane_massenet_referenceBref, avec la reprise du cours normal de la programmation télévisuelle, on voit arriver des nouvelles têtes à côté de nos Nagui et Drucker nationaux, figures indéboulonables du PAF. Dans cette jungle ô combien hostile, ces nouveaux venus vont devoir se battre bec et ongles pour se trouver une place au chaud. Cependant, au milieu de toute cette masse se distingue une catégorie bien particulière : celle des chroniqueurs et des chroniqueuses. D'origine assez obscure, ces gens-là s'installent sur les plateaux télé et se voient octroyer un temps de parole afin que ces quidams puissent exprimer leurs avis. Mais alors que les chroniques médiévales sont parfois d'une valeur inestimable pour l'historien, les chroniques actuelles sont souvent d'une platitude affligeante...

Alors évidemment, c'est la rentrée, alors on se dit qu'il faut être tolérant en espérant que ces jeunes gens - leur âge est une autre de leur caractéristique - ne vont pas s'incruster trop longtemps. Quelle déception quand on constate que des Jérémy Michalak et des Ariane Massenet arrivent à s'accrocher aussi fermement à leur tabouret ! Des vraies moules à bouchot, quoi ...Patrice_Carmouze

En vient la question de l'utilité d'un tel personnel. Certainement que l'animateur en chef ne peut pas maitriser tous les sujets, du coup il délègue certaines thématiques à des assistants qui triment en échange d'un passage à la télé. En surface, c'est un bon deal, un peu sur le modèle des emploi-jeune d'il y a quelques années. Mais alors si le recours à des chroniqueurs doit permettre à l'animateur de souffler, pourquoi ce blaireau de William Leymergie se plait-il à niquer toutes les chroniques de ses sous-fifres ? En voilà une question de fond, bon dieu...

Après, on peut s'interroger sur le nombre d'intervenants. Certains programmes font appel à un ou deux bonhommes pour changer un peu : ainsi Ardisson partageait autrefois son plateau avec Baffie, puis avec Guillon et maintenant avec Gaspard Proust ; le brillantissime Dechavane s'associe depuis une paire d'années avec son pote Carmouze pour "animer" ses émissions avec le succès qu'on sait... Encore que l'exemple de Carmouze me laisse perplexe face à son inutilité télévisuelle. Bref, la formule simple est assez efficace.

AAD'autres présentateurs aiment les défis et s'entourent d'une foule de tocards pour mettre un tant soit peu de consistance dans leur émission. L'ex-taulier de Canal Denisot aimait encore l'an dernier brillait parmi ses chroniqueurs, même s'il préférait certainement ses miss météo, mais nous dérivons vers un autre sujet. La formule XXL marchant pas trop mal, l'"animateur qui monte" (dixit les spécialistes) Hanouna l'expérimente à son tour en choisissant des pointures de haute volée à l'image d'Elodie Gossuin, la plante verte sortie de sa serre, ou Philippe Lucas, autre mollusque des bassins. Mais le champion - et à mon avis, le précruseur dans la discipline - Laurent Ruquier est une figure dans le milieu : ces émissions ont toutes comme point commun la présence expliquée ou non de ces "journalistes". A l'époque d'"On a tout essayé", il en a usé des chroniqueurs qui, à leur tour, nous ont tout autant usé... Pour ne citer que la crème de la crème, souvenez-vous de Claude Sarraute, d'Elsa Fayer et de Steevy Boulay, qui n'a jamais aussi bien porté son patronyme qu'à la télé... Sacré Ruquier, j'aurais bien voulu voir sa tronche quand il a revu sa chroniqueuse Frigide Barjot battre le pavé avec ses potes de Civitas au printemps dernier.

Pour finir, remercions Laurent Ruquier qui nous a fait découvrir Jérémy Michalak qui partage la "Palme de la Nullité télévisuelle au Long Cours" avec Karine Ferri. Chapeau l'artiste !

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16 août 2013

Eloge d'une certaine vieillesse

Quand t'es jeune, quand t’as la frite, tu te dis qu’être vieux, ça craint à cause du déclin généralisé de ton corps et de ton esprit. Cependant, il me semble que cette vision est trop simpliste pour valoir quelque chose…

C’est clair que le dentier dans le verre à dents, les 4 pauses-pipi par nuit, les bas à varices et tout le DSCN3850bataclan, c’est un peu triste surtout quand tout ton entourage te prend soit pour un sénile, soit pour un vieux con, soit pour les deux en même temps… A vrai dire, c’est une frange de la population que je ne côtoie pas trop, mais de ce que je sais des « seniors » comme on les appelle maintenant, c’est que parfois on est loin du compte. Je sais pertinemment que, dans l'imaginaire collectif, ils sont qualifiés à la fois de vieux et de cons, certains cumulant parfois d'autres traits qui, pour des raisons de bienséance, ne seront pas abordés dans cet article.

Quoi qu'il en soit, il est courant qu'un vieux, fort de ses expériences, se place en personne de bon conseil. Prenons un exemple que je trouve, en soi, frappant : ce n'est ni l’instit de Mission City, ni le cureton du coin, mais bien son grand-père qui a appris à Angus MacGyver tout ce qu'il sait... Que ceux que je n'ai pas convaincus par cet argument-massue veuillent tout de même accepter ce postulat pour me permettre de poursuivre mon développement. Enfin bref, la figure du papy oscille entre celle du puits de sagesse et celle de vieux réac’. Ainsi, à tort ou à raison, les "anciens" tentent souvent de transmettre leur savoir à ceux qui les entourent, se plaçant dès lors comme une figure d'autorité.

Mais la distinction entre le vieux con et le vieux sage réside dans la manière de faire passer le message. Le vieux con va asséner son enseignement comme on enfonce un clou, en tapant fort et à plusieurs reprises sans tenir compte de la réception de son message. On en connait tous : P8121444vous savez, des vieux avec qui on ne peut même plus parler et qu’on cherche absolument à éviter. Ce sont précisément ces personnes qui, par leurs propos ou leur attitude, donnent l’impression que c’est moche de vieillir. C’est clair que c’est moche quand on s’enferme dans des systèmes de penser, quand on n’est plus dans le coup, surtout après avoir été un original tant pour ses contemporains qui te considérer comme un fou que pour ses cadets qui voyaient en toi une sorte d’avant-gardiste. Là, du coup, vieillir, c’est un peu comme changer de bord, rentrer dans le rang, …  

A l’opposé de ces gens-là, on trouve les vieux sages, un peu comme Rafiki dans le Roi Lion (oui, sacrée référence, je sais !). Cet ancien-là va dispenser ses conseils avec tact et délicatesse en tachant de recueillir l'avis de son auditoire. Ainsi la transmission d'un savoir n'est pas une relation à sens unique, il s'agit dès lors d'un échange de bons procédés entre le jeune mousse et le vieux loup de mer. En côtoyant ce genre de vieux, on se rend compte que vieillir, c’est pas si moche. Un proverbe japonais dit qu'« on commence à vieillir quand on finit d'apprendre ». Ainsi les vieux qui prennent soin de rester dans le coup sont à l'abri de ne jamais prendre un coup de vieux...

 

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