DSCN8278Le poète contemporain Grand Corps Malade est arrivé sur le devant de la scène en proclamant que la vie en général - et pour les besoins de sa chanson, les histoires d'amour - c'était comme les voyages en train. Oui pourquoi pas ? Mais avouez que ce serait quand même plus divertissant si c'était comme les voyages en avion.

Après, cet avis n'engage que moi. Eh oui, parce que les voyages en avion ne laissent pas grand-monde indifférent. Si de nombreuses personnes et encore plus ces dernières semaines flippent à l'idée de monter dans ces amas de feraille et de s'envoyer en l'air à plus de 10.000 mètres, d'autres ressentent un enthousiasme qu'elles ont parfois de mal à dissimuler. En mon âme et conscience, je crois que je fais partie de la deuxième catégorie. C'est vrai, mon quotidien estudiantin ne m'offre que peu d'occasions de m'envoyer en l'air. Toutefois, en la jouant finement et en faisant quelques concessions, j'arrive à trouver le bon plan pour prendre l'avion. Ainsi, mon job d'été m'offre l'opportunité de prendre l'avion et ce, sans le payer. D'une manière générale, c'est toujours mieux quand c'est gratuit... Alors oui, la semaine dernière j'ai pris l'avion ... pour des raisons professionnelles. Sans mentir, c'est ce que j'ai dit à l'employée du ministère du tourisme espagnol qui est venue à ma rencontre à l'aéroport de Séville. Je prononce rarement cette phrase : faut dire que mes différents jobs étudiants ne m'ont permis jusque là que de la prononcer à propos de ma dextérité au diabolo et de mon DSCN7881assiduité aux cantines scolaires... Alors quand j'ai pu la placer face à une sondeuse, j'ai soudain pris une dizaine d'années dans les dents, comme si j'étais un représentant à la George Clonney dans Up in the air !

Du coup, la fréquentation des milieux aéroportuaires n'a plus vraiment de secret au vu de mes ... En fait si, y'a encore plein de trucs qui m'interpellent... Avant de prendre l'avion, au moment de passer le portique, on te demande d'enlever ta ceinture ; puis, une fois dans l'avion, on te demande de la boucler. C'est assez contradictoire. Même constat avec les liquides : depuis une décennie, la grande menace plane (ohoo jeu de mots involontaire !) sur les aéroports. Alors en conséquence, les liquides sont bannis des avions, hormis ces chères bouteilles des Duty Free. Du coup, on m'a confisqué ma crème solaire au départ de Strasbourg. J'ai eu envie de leur dire : "c'est bon, je vous la laisse !", mais quand j'ai vu le temps qui faisait dehors, je regrettais de ne pas mettre fait piquer mes moufles... Autre chose que je ne m'explique pas : pourquoi applaudir à l'arrivée ? Est-ce qu'on applaudit le boulanger en achetant un croissant ? Soit disant, c'est parce que le pilote a fait son job correctement. Heuresement, je dirais. De toute façon, les pilotes, depuis le cockpit, ils n'entendent pas les clap-clap...

DSCN8256Depuis que je suis tout petit, je suis super excité au moment de prendre l'avion. J'ai toujours pris mon pied au décollage, juste au moment où le dernier train d'atterrissage quitte le sol, la fraction de seconde où tu réalises que c'est bon, tu voles... C'est tout de même assez grisant comme sensation. En fait, d'aussi loin dont je me souviens, j'ai toujours aimé fréquenter les aéroports. Mais il y a quelques jours, quand j'ai subi les désagréments d'un vol annulé, j'ai compris qu'en fait, c'était quand même mieux avec une machine bien huilée. Tu ressens une telle frustration quand t'es à la porte d'embarquement, c'est-à-dire à la dernière ligne droite avant l'avion, on te dit qu'il va falloir attendre une heure, puis deux heures, puis une nuit avant de pouvoir quitter cet univers à la fois faussement chaleureux et tout à fait impersonnel. Le pire est de voir partir tous les avions, tous sauf le tien.

Toujours est-il que cette mésaventure ne m'a pas dégouté de l'avion. Grimper au-dessus des nuages et découvrir le monde sous un autre angle sont toujours des expériences aussi plaisantes !