Toutes les personnes que tu croises quotidiennement peuvent être rangées en trois catégories : y'a ceux à qui t'aimerais ressembler, y'a ceux qui t'en touchent une sans faire bouger l'autre - à vrai dire, la grande majorité - et y'a ceux à qui tu ne voudrais surtout pas ressembler. Ce classement est très subjectif et c'est assez normal finalement.

emmanuel-kantCe billet n'est pas destiné à faire la liste des gens à qui j'aimerais ressembler : ça n'a pas trop de sens et puis, j'ai plus 15 ans en fait... Non, je préfèrerai revenir sur une des composantes de la troisième catégorie : ceux que j'appelle "les obtus". Notez, pour la bonne compréhension de ce qui va suivre, que les obtus peuvent être des connards aigus ! L'un n'empêche pas l'autre...

La plupart du temps, les obtus sont, se savent ou s'imaginent brillants dans un domaine spécifique et en vertu de ça, pensent que leur domaine résume ce qu'il faut savoir, le reste n'étant que du détail auquel il n'est pas nécessaire de s'intéresser, sous peine de se cultiver... Ainsi, en maîtrisant la somme de connaissances liée à cette thémtique, l'obtu pense avoir fait le tour de question et ne voit donc pas l'intérêt de voir au-delà du bout de son nez, préférant cultiver son savoir dans son coin.

On touche là à une des grandes différences entre les scientifiques actuels et les érudits des siècles précédents. De nos jours, rares sont les gars calés sur la géohistoire du continent asiatique, capables de comprendre la composition d'une molécule quelconque, habiles à débiter une souche de chène centenaire et en même temps aptes à cuisiner un filet mignon Rossini. Eh oui, parce que dans la vie, on est parfois obligé de se servir de ses mains et de sa tête...Moyennedanseuse-sinusoidale

Bon, peut-être que mon point de vue est orienté (après tout, c'est mon blog...), mais les derniers obtus que j'ai rencontrés pouvaient rentrer dans le club des "obtus de sciences dures". A mon sens, c'est peut-être les pires. Tu sais, c'est tous ceux qui, au lycée, ont fait S parce qu'en L, on sert à rien et en ES, c'est pour ceux qui ont pas d'avis, d'où l'appellation "En Suspens". A vérifier... C'est le genre de gars qui, sous prétexte d'être balaise en maths (chose qu'on peut leur concéder), estime que le français, les sciences humaines et surtout la philo ne servent à rien. Parce que, "vu son niveau d'étude", on ferait mieux de supprimer ces matières inutiles pour mettre le paquet dans les disciplines scientifiques. Alors que les branleur de L et surtout l'indécis d'ES ont le droit de se coltiner toutes les matières, après tout, il fallait choisir. Eh ben, c'est ce gars que tu retrouves bien des années plus tard et qui a du mal à faire une phrase en français, j'entends, sans symboles mathématiques, ce qui ne l'empêche pas de proclamer des locutions latines telles que le très joli "Alea ejaculata est" qui symbolise l'esprit fertile de ces gens-là...

5859248-cedric-villani-l-anglais-a-l-universite-est-une-necessiteLes obtus ont ceci de formidable : ils ne se remettent que rarement en question, persuadés d'avoir raison. Cette obstination donne des générations de tronches très forts dans ce qu'ils font, mais tellement vides en termes de culture et perpétue une sorte de hiérarchie des savoirs, hiérarchie somme toute très conne consacrant l'usage de sa tête plutôt que celui de ses mains. Du coup, moins tu te sers de tes mains, plus tu grimpes dans le classement des obtus ! Mais, qu'on se rassure, plus tu grimpes dans le classement, plus tu risques d'être un blaireau.

 

Finalement, je préfère être une brèle en maths plutôt que de ressembler à ce bon vieux Cédric Villani qui aime se surnommer la Lady Gaga des maths, preuve qu'on peut être une pointure en maths et avoir des références de merde...