A1Il est une règle qui prévaut en histoire, comme dans d'autres domaines d'ailleurs : se méfier des apparences. C'est d'autant plus vrai quand cette "apparence" en question n'est autre que le nom du bonhomme. Prenons, en passant, l'exemple des surnoms dont étaient gratifiés les hommes qui sont entrés dans l'Histoire par la grande porte.

Tout le monde connait Louis XIV, oui oui Louis Croix-Baton-Vé, celui qu'on a surnommé Louis-le-Grand. Cette fois, ça se confirme : le gars n'était pas du genre nabot. Même si sa maman ne l'a pas mis contre une toise étant petit, on sait qu'il était assez grand pour son époque : une "silhouette bien proportionnée" selon la police et environ 1.84m selon les syndicats. Bref, sans tenir compte de son palmarès, il mérite son blaze... Idem pour Jean Ier, dit le Posthume : il est rentré dans l'Histoire avec ses 5 jours de règne, soit le plus court officiellement si on excepte Louis XIX "roi" pendant une vingtaine de minutes. Lui, en l'occurrence, aurait mérité le surnom de "Bref", mais c'est Pépin, son prédécesseur carolingien, qui l'a récupéré, étant court sur pattes.A2

Après, y'a toute une tripotée de souverains qui ont gagné des surnoms assez bidons : Jean II le Bon, Philippe IV le Bel, Charles V le Sage. Autant dire que les chroniqueurs se sont pas foulé pour pondre leur oeuf... Par contre, pour d'autres, ils s'y sont pas allés avec le dos de la cuillère. J'espère qu'à 15 ans, le pauvre Charles II avait encore une belle tignasse à la franque, sinon il a dû en chier à la cour. Même combat pour Louis VI qui s'est certainement fait plaisir à table pour gagner son sobriquet. Un autre qui a dû en baver, c'est, au-delà des Pyrénées, Alphonse II le Chaste : il a pas dû en croiser souvent des Espagnoles. Et c'est pas son loitain successeur, Henri IV l'Impuissant qui dira le contraire.

Par contre, là où y'a maldonne, c'est en France avec Louis IV d'Outre-Mer : non, il n'a pas fait partie de la Compagnie Créole. Pareil à Rome, Claude II le Gothique et Philippe l'Arabe ne portaient respectivement ni des chaînes et du maquillage noir, ni une djellabah et des babouches. J'avoue que, sur ce point-là, nos voisins européens sont bien plus originaux : à Florence, Laurent le Magnifique n'avait rien d'un top model ; le Suédois Sven le Sacrificateur devait être un type charmand ; ou le très connu Eric II Emune soit "le Mémorable" pour ses sujets danois...